Anne Le Ny – 2010

Lucien (Michel Aumont) est un octogénaire qui décide, pour aider son prochain, de loger des sans papiers dans son grand appartement parisien. Sa fille Babette (Karine Viard), médecin comme son père qu’elle admire, trouve cette démarche extrêmement bonne et positive. En revanche Arnaud (Fabrice Luchini), le fils, nouveau riche et en constante opposition avec son père voit cette action d’un tout autre oeil. C’est lors d’un repas de famille que les présentations vont être faites, et quelle ne va pas être la surprise des invités en voyant cette mère moldave et sa fille. Car Lucien en profite pour annoncer qu’il a épousé Tatiana lors d’un mariage blanc. Le vieil homme va rapidement tomber amoureux de cette jeune femme.
Pour commencer je tire mon chapeau aux 3 acteurs principaux de ce film, le trio Aumont/Viard/Luchini sonne juste. Ils tiennent parfaitement leur rôle de bout en bout dans une justesse linéaire. Karine Viard est formidable, pas toujours à son avantage dans certaines scènes, elle donne à son personnage une grande humanité. Ce film est une comédie (ou comédie dramatique), on s’y amuse tout le long même s’il y a certains passages qui nous poussent à réfléchir quant à la condition des sans papiers et à leurs motivations. Pour le reste je peux dire que j’ai passé un agréable moment (aux cotés de ma Shifounette) en ne trouvant aucun temps mort. Enfin, et pour finir, tout le monde ne peut pas être d’accord, voilà ce qu’en pense l’Huma : Cinématographiquement, scénaristiquement, politiquement, à tout point de vue, ce film est d’une telle lourdeur que même la création d’un nouveau césar ne suffirait pas à en récompenser l’exploit.

Doy.

Pour changer, je partage tout à fait l’avis de Doy. En effet, le film navigue entre comédie et drame, humour et cynisme. Certaines scènes sont particulièrement savoureuses (celle de la main aux fesses par exemple, mais je n’en dis pas plus…) alors que d’autres sont assez crues et sans concession. C’est le cas du face-à-face entre Tatiana et Babette, la première expliquant à la seconde qu’elle n’a pas d’autre choix, si elle veut un toit et une bonne éducation pour sa fille et des papiers pour elle, que d’accepter d’entrer dans le lit du « vieux »… Cruelle désillusion pour une fille qui vivait jusqu’alors dans l’admiration béate de son père ; celui-ci devient tout à coup « humain trop humain » (comme le dirait Nietszche).
Si je devais émettre un petit bémol – et oui, il faut bien que je me rende intéressante – je dirais que les personnages peuvent sembler parfois un peu caricaturaux : Luchini faisant du Luchini (la scène finale où il récite un passage d’Homère par exemple) ; Karin Viard dans le rôle de la fille modèle un peu mémère, qui finit par se débrider ; la fille de Luchini en pleine crise d’adolescence, qui reproche non seulement à son père d’être un vieux con, mais également de venir la chercher devant le lycée en Mercédès (!) alors qu’elle participe à une manifestation de soutien à des sans-papiers. Mais c’est vraiment pour chipoter… Non, nous avons passé un très bon moment et je vous recommande vivement ce film !

Shifue.

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