D. Lehane, C. De Metter – Casterman – 119 planches

D’habitude, je préfère lire un roman avant de voir son adaptation au cinéma. Ici, c’est l’inverse qui s’est produit : j’ai d’abord vu le film de Martin Scorsese avant de lire la BD que la gentille bibliothécaire du village avait mise de côté pour moi lors d’une récente visite. Il ne me reste donc plus maintenant qu’à lire le roman dont les deux sont tirés… Logique !
Avant de livrer mon sentiment sur cette BD, mais aussi sur son adaptation cinématographique, petit retour en arrière sur la trame : dans les années 50 aux Etats-Unis,
le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés sur l’île de Shutter Island qui abrite un institut psychiatrique pour criminels fous particulièrement dangereux afin d’enquêter sur la disparition d’une patiente. L’isolement du lieu lié à sa situation insulaire, l’aspect carcéral des bâtiments, le confinement des patients, tout concourt à rendre l’atmosphère pesante et oppressante dès les premières pages de la BD et les premières images du film. Je n’en dirai pas plus, car l’on va de rebondissement en rebondissement, et le climat d’angoisse ne fait que croître à mesure que l’on découvre que les plus fous ne sont pas ceux que l’on croit. Pour mieux comprendre pourquoi j’ai au final bien noté la BD alors qu’a priori ni le format ni le dessin (bien vues les couleurs à dominante vert-marron-noir, qui contribuent à créer cette atmosphère lourde) ne m’attiraient particulièrement, il faut que j’avoue qu’elle m’a aidée à mieux comprendre le dénouement du film. Au passage, je signale que pour Doy tout était clair. Normal, contrairement à ce qu’il dit il est particulièrement intelligent, j’en ai la preuve en 3 chiffres ! C’est rien, on s’comprend lui et moi. Bref, pour revenir à nos moutons, je ne sais pas encore si le roman laisse lui-même planer un doute dans ses dernières lignes, mais je me souviens être sortie de la séance de ciné avec un sentiment de perplexité. Or dans la BD, le doute n’est pas permis à la fin.
De nombreux passages du film ont par ailleurs sauté dans la BD (mais existent-ils vraiment dans le roman ? c’est ce que je voudrais bien savoir…), notamment l’image récurrente d’une fillette morte allongée à côté d’autres cadavres, qui renvoie Teddy Daniels – joué par Leonardo di Caprio, très juste une fois de plus – quelques années en arrière, à la libération des prisonniers des camps de concentration nazis. Enfin, le psychiatre Cawley (interprété par Ben Kingsley) ne possède pas tout à fait les mêmes traits de caractère : il a un rôle beaucoup plus important dans le film et une personnalité aux multiples facettes, certaines étant carrément inquiétantes. En conclusion, je dirai que la BD et le film se complètent bien : la première m’a permis d’effacer toutes les interrogations que je pouvais nourrir à la fin du film, mais celui-ci est plus riche tant au niveau de l’histoire que de l’épaisseur des personnages. Bref, j’ai maintenant hâte de lire le roman pour boucler la boucle !

Note : 4/5

Shifue.

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