Muriel Barbery – 2006 – Gallimard – 359 pages

Ce roman est à la croisée des routes de trois personnages. Tout d’abord il y a le personnage central, Renée, 54 ans, concierge dans un immeuble bourgeois et qui se définit ainsi : « Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth ». Sous cet aspect peu ragoûtant et cette carapace épineuse se cache pourtant une femme tout autre. Celle-ci découvrira Paloma, une jeune fille de 12 ans, incroyablement intelligente et qui pour fêter ses 13 ans a pour projet de se suicider. Pour finir nous ferons la rencontre du dénommé Kakuro, nouveau propriétaire de l’un des appartements de 400m2. Il va dès son arrivée rencontrer la concierge et mettra à jour son secret, celui qu’elle cache à tous, sa culture, son amour de la littérature et ce grâce à Anna Karénine.
Well, maintenant il faut se retrousser les coudes et dire ce que je pense ce roman. Tout d’abord je vais vous dire un truc : après avoir refermé ce livre, Shifue et moi avons visionné l’adaptation de Mona Achache, le Hérisson, interprétée par Josiane Balasko. Eh ben Josiane, je trouve quand même qu’elle joue super bien, elle maitrise bien ce genre de rôle, je l’ai trouvée juste. Quoi ? C’est un post sur le livre et pas sur le film ? Oui, j’arrive, c’était juste pour mettre en avant ma soif de recouper les différentes versions, pour que tout un chacun remarque à quel point je suis pour l’éclectisme (j’en ai fait quand ch’t’ais jeune). Bref, le livre, le livre Doy ! Alors le livre de Muriel Barbery est d’abord et avant tout bien écrit, c’est un style très efficace, très fluide avec certains mots compliqués (que je connaissais pas) dans la bouche de cette fillette de 12 ans. On se demande comment à cet âge on peut parler comme ça, ce qui me prouve que je n’étais pas exceptionnellement intelligent – ni même intelligent tout court dirons certains, je les entends déjà – comme la petite Paloma ! J’aime cette idée de la concierge qui joue son rôle de concierge, que les gens imaginent comme on doit imaginer la concierge, mais qui est diamétralement différente du cliché. J’adore l’idée que ces gens qui toisent le « bas peuple » puissent être repris pour leurs fautes de français par la vieille concierge inculte, gavée aux hormones télévisuelles et sans le moindre diplôme. Même si ces remarques ne sont pas dites mais pensées par ladite concierge. Alors quand enfin un homme riche fraichement arrivé dans la résidence voit la personne et non ce qu’elle est censée représenter, on se dit que c’est beau. Moi, je me suis dit qu’effectivement tout le monde est rangé dans une case et qu’au fond c’est pas facile d’en sortir. L’informaticien boutonneux qui décolle jamais de son écran, la bibliothécaire vieille fille aux lunettes d’un autre temps, le maçon (comme la concierge) qui sait à peine parler français et encore moins le lire, le petit ouvrier qui possède un gps pour aller bosser mais dont les enfants crèvent la dalle, toutes ces images qui font qu’on juge avant même de savoir. C’est ça que je garderai de ce livre, qu’il faut regarder – du moins essayer – les gens pour ce qu’ils sont et non pas pour ce que la convenance voudrait qu’ils soient. J’ai passé un très bon moment, vraiment ravi d’avoir ouvert ce beau roman. J’espère l’être tout autant à la prochaine lecture d’un roman de Muriel Barbery.

Note : 5/5

Doy.

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