Elisabeth Filhol – POL – 2010 – 144 pages

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai refermé ce livre sans trop savoir si j’avais bien aimé ou pas, et je pense que cela ne m’était jamais vraiment arrivé auparavant. Qu’en dire, donc ? Par exemple, qu’il s’agit d’un premier roman publié, ce qui signifie que son auteur – Elisabeth Filhol – n’en est pas à son premier essai, mais qu’elle n’avait jusqu’alors pas réussi à attirer l’attention d’un éditeur, ou bien tout simplement qu’elle n’avait jamais envoyé de manuscrit auparavant. Egalement, qu’il a constitué l’une des surprises du début de l’année, et a été unanimement salué par la critique littéraire.
Et l’histoire, me direz-vous ? Car il s’agit bien d’une fiction et non d’un essai, malgré un sujet bien ancré dans notre époque et à dimension sociale. Ce roman aborde la question du recours à la sous-traitance pour l’entretien des centrales nucléaires. Yann est un jeune intérimaire qui, comme de nombreux autres hommes de son âge ou plus âgés, va de contrat en contrat, de centrale en centrale, au gré des arrêts de tranches. Il nous parle de son ami Loïc, mais aussi de Jean-Yves, de Bernard, de l’incident survenu à Chinon alors qu’il était en mission, le type de malchance qui peut vous valoir une mise à l’écart pendant une année complète, histoire de faire redescendre le taux de millisiverts détecté dans l’organisme (suite à une surexposition aux produits radioactifs, car il existe un plafond ‘autorisé’) et de pouvoir signer un nouveau contrat. Et puis, de Tchernobyl et de la population de la Mer Baltique qui, en ce matin d’avril 1986, profite enfin des premiers rayons du soleil alors que le nuage n’est pas encore une menace. Donc, un sujet hautement intéressant pour ses aspects humains, sociaux et sociétaux, ou encore politiques (j’ai pensé plusieurs fois, en lisant ‘la Centrale’, au film de Laurent Cantet ‘Ressources humaines’, sans trop pouvoir expliquer pourquoi, peut-être en raison d’une analyse du mal être au travail ?). Une écriture soignée et un style original, fait de phrases longues et parfois sinueuses, mais suffisamment efficaces pour décrire avec justesse le milieu froid et aseptisé du nucléaire. Et pourtant, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, à goûter à cette écriture incisive et implacable. Bref, je ne saurais trop quoi vous dire d’autre face à cet objet littéraire que de vous faire votre propre opinion en le lisant…

Note : 3,5/5

Shifue.

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