Domas – La boite à bulles – 2008 – 96 planches

D’après la quatrième de couverture et selon Milan Kundera, la litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte. Effectivement le protagoniste de cette bd est un jeune marseillais qui erre dans les rues de sa ville en quête de l’amour mais aussi de l’inspiration. Il se laisse emporter par le spleen de la trentaine, beaucoup de questions et de doutes s’emparent de son esprit…
Pour commencer Litost n’est pas une bd comme les autres, comme celles qu’on a l’habitude de lire, avec des bulles et un scénario classique. Non il semblerait que ce livre soit simplement le reflet des états d’âme de l’auteur, c’est en tout cas mon ressenti. Et ça donne quoi cette introspection ? Eh bien moi j’ai accroché, probablement aidé par ce que j’ai lu auparavant sur le blog de l’auteur. Je me suis laissé embarquer par une certaine poésie qui se dégage de ces planches simples, épurées. Les traits distillés par Domas laissent l’esprit s’approprier les planches, faire le reste, imaginer. Le noir et blanc rehaussé parfois par une touche de rouge sont bien vus. Je pense qu’on peut avoir plusieurs lectures de cette bd, en fonction de son propre état d’âme du moment, tantôt optimiste tantôt moins… Ce que j’aime également dans cette bd c’est le rapport que semble avoir l’auteur avec les arbres, très présents tout au long de la lecture (même sur son blog d’ailleurs). Pour finir j’ai bien aimé cette réplique, qui parle au trentenaire qui vous parle : ‘parait qu’c’est pasqu’on est né après la crise de 1973… on est une génération qui a grandi dans la morosité, bon économique … mais bon, quand même … c’est la société qui m’a rendu triste.

Note : 5/5

Doy

Que dire de plus me concernant, sinon que j’ai vraiment beaucoup aimé cet album ? Tout simplement, que j’ai été touchée par la poésie qui affleure à chaque planche dans un trait de crayon qui semble évident de premier abord, mais qui contient en même temps une force émotionnelle intense. On retrouve cette poésie dans une économie de mots, tous porteurs de sens, qui ne doivent rien au hasard. Sur ce point, il convient de faire remarquer que l’écriture de Domas, et le jeu sur la graphie, servent particulièrement bien le propos. L’utilisation d’une palette restreinte de couleurs –  noir-blanc-rouge – fonctionne également parfaitement en soulignant l’émotion là où elle se trouve. Tout comme Doy, certaines phrases m’ont particulièrement interpelée, par exemple celles-ci que je trouve magnifiques : ‘Quand je vais mal, j’aimerais que tout soit beau. Quand je vais bien, j’aimerais que tout soit juste‘. Ou bien encore (et je terminerai là dessus en vous conseillant de vous laisser emporter par la beauté de cet album) : ‘Il n’y a pas le choix, il faut vivre pour ressentir, ressentir que l’on vit, puis en mourir de plaisir, ou tout recommencer‘. Après avoir lu celà, le lecteur peut enfin refermer l’album le coeur un peu plus léger que lorsqu’il l’avait entamé, car il entrevoit là-bas, au loin, un peu de la lumière du soleil et donc une lueur d’espoir…

Note : 5/5

Shifue.

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3 commentaires sur « Litost »

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