J. Sfar – Delcourt – 1999 – 46 planches

Sfar, encore. C’est marrant, mais quand on se met à lire de la BD, on s’aperçoit rapidement qu’on s’oriente quasiment toujours vers un style bien particulier, vers une famille de dessins ou un type de scénarios. Moi, j’aime bien la ‘famille’ Sfar, le coup de crayon reconnaissable entre mille, même s’ils sont plusieurs à en faire partie (Tanquerelle, Blain, Trondheim version ‘Donjon’, auquel je ne me suis pas encore attaquée, et j’en passe…).
Que se passe t-il donc dans ce premier tome d’une série de 5 albums, scénarisé et dessiné par Sfar lui-même (c’est Tanquerelle qui prend la relève à partir du tome 3, de manière plus réussie à en croire les avis sur les forums spécialisés… mais je m’égare, je vous dirai ce que j’en pense quand j’en serai arrivée là…) ? Le personnage central de cette série, le professeur Joseph Bell, vit en Ecosse. Il est médecin, chirurgien, pédiatre, mais aussi tératologue, c’est à dire spécialiste des monstres.
Pour la petit histoire, Joseph Bell a réellement existé, et a servi de modèle à Arthur Conan Doyle pour son célèbre héros Sherlock Holmes. Donc, Bell reçoit un jour la visite d’un patient peu ordinaire, un certain Pascual Pinon, doté d’une infirmité pour le moins surprenante : il a une seconde tête, version miniature, au dessus du front, d’où le titre de l’album. Le patient lui demande de l’opérer afin de lui ôter cette tête qui, outre son côté inesthétique, aurait un effet néfaste sur son état mental. Bell refuse, mais ne va pas tarder à comprendre que cette tête dicte en effet à l’homme des actes répréhensibles. Cependant, parviendra t-il à le sauver de ses démons ? Je ne vous en dis pas plus, car cette bd est riche sur le plan du scénario, et possède différents niveaux de lecture. En effet, on se demande parfois  où est la raison, où est la folie, où est le Mal, où est le Bien. Et on comprend très rapidement que chaque personnage, tout sensé qu’il semble être, possède également une part d’ombre. J’ai donc vraiment accroché à cette histoire. Et en ce qui concerne les planches, maintenant, me direz-vous ? Et bien, comme je le disais en préambule, je pars avec un a priori positif en raison du trait du dessinateur, même si j’essaie de garder un oeil critique. Il est vrai que certains visages d’un même personnage sont mieux exécutés dans une case que dans une autre, sans raison apparente. J’ai noté également des bulles et des caractères très (trop ?) petits au début de l’histoire, et plus (trop ?) gros au milieu et en allant vers la fin (là non plus, sans qu’il y ait une explication). Mais globalement, sur cet album, j’ai beaucoup aimé l’univers foisonnant de Sfar, qui sert particulièrement bien l’histoire. Je veux prendre pour exemple les cases qui montrent le cabinet de Bell, ou plutôt son antre secrète, avec des bocaux de formol dans lesquels flottent des créatures étranges et répugnantes, dignes d’un musée d’anatomie. J’ai trouvé rigolo aussi, sur la planche 13, les chats de Bell, qui ressemblent traits pour traits au ‘Chat du rabbin’. Bref, j’ai refermé la bd emballée, en me disant qu’il faudrait sans doute que je lise rapidement les tomes suivants, mais aussi qu’il faudrait qu’un jour je relise ce tome-ci, car à mon avis j’ai dû laisser passer certains détails tant cet univers est à part.

Note : 5/5

Shifue.

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