Tome 1, 2 & 3 – L Brunschwig, L Hirn – 2005 à 2009 – Futuropolis – 62, 65 & 70 planches

Le jeune Djin joue avec un clown qui se fait appeler Groko. Ils s’entendent à merveille et le clown est un peu comme un père pour le garçonnet. Groko et son ami Glok sont deux clowns qui se sont installés dans une roulotte au milieu de la cité HLM des Hauts Vents. Comme bon nombre des habitants de la cité, ils travaillaient dans une usine voisine qui a fermé, alors ils se sont reconvertis. Ils essayent de redonner le sourire dans cette triste cité. L’enfant apprend à jouer de la trompette avec son ami au nez rouge quand le drame survient. Sa mère, bonne du curé, tue le clown d’une balle en pleine tête sans qu’on comprenne pourquoi. L’enfant se mure dans un mutisme irréversible. Dis ans plus tard, cette même cité est devenue une cité délabrée qui n’intéresse pas les élus. Seul le clown triste, Glok, essaye à sa façon de faire sortir les jeunes de leur quotidien pour ne pas qu’ils tombent dans la délinquance. Il a monté une école du cirque bénévole où tous les jeunes désœuvrés peuvent venir s’occuper. Chaque soir ses élèves proposent une chanson sous les fenêtres des habitants. Tout ce fragile équilibre vole en éclat quand un nouveau curé accompagné de deux grosses valises arrive dans le quartier.
Après ce brillant pitch qui vous a mis l’eau à la bouche, je suis sûr que vous venez de commander ces 3 tomes, et si ce n’est pas encore fait lisez la suite ça devrait vous donner envie. Cette histoire est un vrai drame urbain, l’histoire d’un jeune garçon qui perd la parole en voyant son ami se faire tuer par sa propre mère. C’est aussi l’histoire d’une cité qui ne demande qu’à exploser : il manque l’étincelle et tout pète, les adultes n’ont plus de boulot, les jeunes ne voient pas d’avenir. Le scénariste nous sert ici un récit noir empli de détresse sociale. L’intrigue est bien menée, on ne sait pas tout de suite qui tire les ficelle, qui est le pourri dans l’histoire et quand on le sait on ne comprend pas tout de suite pourquoi. C’est bien amené et on se prend au jeu, on ne sait pas si on aura droit à un happy-end ou si on s »enfoncera dans la noirceur totale. Les personnages sont complexes et trainent chacun leurs casseroles, la vie n’ayant épargné personne. On a envie d’aider le jeune Djin, de coller une balle aux méchants vilains pas beaux. Au niveau du dessin, c’est très bien réalisé. Laurent Hirn travaille ici en couleur directe, nous avons sous les yeux des planches qui ressemblent parfois à tes tableaux. J’aime le rendu des planches, l’aspect granuleux du papier Canson. Ce travail participe amplement à l’ambiance de ces albums, notamment le travail effectué sur les visages des gens tristes.
Joli travail et jolie collaboration qui donnent une belle histoire qui ne laisse pas indifférent.

Note : 4/5

Doy.

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