Festival Off (Avignon 2010) – Théâtre du chien qui fume

Dans une étude de New-York, à Wall Street, un notaire embauche un jeune copiste sans trop savoir pourquoi. Il le définit dès le début ainsi : ‘silhouette lividement soignée, pitoyablement respectable’. Rapidement, et à chaque demande de son patron, Bartleby refuse les injonctions par un simple ‘je préfèrerais pas’. Tout le récit s’organise autour de ce gentil refus, de cette aimable réponse négative : ‘je préfèrerais pas’. Dès lors le notaire veut comprendre pourquoi cet homme s’enferme dans ces refus.
Je ne connaissais pas du tout ce texte de Melville et l’ai découvert lors de cette lecture. J’ai été parfaitement séduit à tous points de vue. Déjà le texte mérite qu’on s’y attarde, c’est assez étrange de rencontrer cet homme sorti d’on ne sait où et qui est totalement en marge. Il a beau refuser les demandes de son patron on ressent une certaine sympathie pour lui. C’est d’ailleurs ce que ressent aussi le patron, de la sympathie, voire une certaine forme d’amitié. Les refus aimables de ce jeune homme le mettent hors de lui, mais il est attaché à ce personnage complexe qui sème cependant la zizanie dans l’étude. Ca c’est le texte brut dirais-je, un très beau texte plein d’humour sous-jacent. Ensuite il y a la lecture qui en est faite. Si vous avez eu la chance, que dis-je, l’insigne honneur de lire mon post sur chagrin d’école vous comprendrez que j’aime beaucoup le travail de Daniel Pennac. C’était pour moi une rencontre physique, je ne l’avais jamais vu ou entendu ‘pour de vrai’. Quel plaisir mes amis ! Pour commencer je trouve que sa voix se prête merveilleusement à ce genre de chose, elle est douce, posée, en place. Il maitrise parfaitement son texte ce qui donne une vie à ce recit. Il met du volume à ces mots, c’est magnifique, notamment quand il joue la colère toute contenue du notaire ou aussi la façon dont il place le ‘je préfèrerais pas’. Ensuite c’est le personnage qui me plait, à travers ses écrits et sa vie. On sent toute l’humilité, l’humanité de cet artiste qui met son talent au service du texte et non pas un texte connu à son service. Je ne savais pas du tout ce que pouvait donner la lecture d’un texte, j’avoue que sur le papier on peut se poser la question, mais non c’était un grand moment. Je vous recommande vivement d’aller le voir si vous en avez la possibilité, quoi qu’il fasse d’ailleurs, au moins pour l’homme qu’il est. J’ai été grandement séduit.

Doy.

Il y a des hommes comme ça qui forcent le respect, l’admiration, qui irradient de sagesse et de bonté. Daniel Pennac fait partie de ceux-là. J’avoue avec honte ne jamais avoir lu la saga Malaucène, et avoir survolé trop rapidement ‘Chagrin d’école’, qui est pourtant un très beau témoignage sur le métier d’enseignant (mais pas que…). Je voudrais simplement remercier Doy de m’avoir permis d’écouter cette voix si chaleureuse, si douce, qui se prête si bien à la lecture d’un texte, comme c’était le cas hier soir avec ‘Bartleby’. Je n’ajouterai donc pas grand chose à ce qu’il a très bien su vous faire partager, si ce n’est que, la représentation terminée, j’étais très émue, et que je serais bien restée là, à écouter Daniel Pennac toute la soirée…

Shifue.

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