Bernard Giraudeau – Métailié – 2007 – 250 pages

Le récent décès de Bernard Giraudeau n’est pas en cause dans ma décision de lire ‘Les dames de nage’, même si j’ai toujours apprécié l’acteur et écrivain. Non, j’avais entendu parler de ce livre à sa sortie en me disant que j’aimerais bien découvrir l’univers de cet homme solaire et fascinant, qui se livrait parfois dans de rares interviews. Mais bien sur, sa disparition éclaire la lecture d’une lumière particulière, et tout au long du livre, j’ai eu le sentiment d’entendre sa voix si reconnaissable…
Je ne savais pas exactement ce dont il était question dans ce roman, ni ce qu’était une ‘dame de nage‘, terme qui n’est d’ailleurs pas expliqué mais qui est utilisé comme dédicace au début du livre, à l’adresse d’une femme donc, telle une métaphore pour désigner celle qui permet d’avancer, de garder le cap, celle qui est le pivot d’une existence. Enfin, je l’ai compris comme ça…
Avant de parler de son sujet, une interrogation quant à la nature de l’ouvrage lui-même : fiction, autobiographie ? On ne saurait dire… Certes, le ‘je’ qui parle s’appelle Marc Austère et non pas Bernard Giraudeau. Mais, comme lui, il est documentariste, a pris la mer à l’adolescence, lit beaucoup (Kerouac, London, Rimbaud…), et semble en quête de rencontres, de liberté, d’amour, d’ailleurs… Beaucoup de similitudes avec l’auteur donc, qui font que l’on ne peut s’empêcher de penser que Bernard Giraudeau a mis beaucoup de lui-même dans ce roman. L’écriture maintenant : c’est une langue soignée, élégante, poétique, sensuelle et séduisante, emplie d’une grande sagesse (comme l’homme qui parle, enfin, on imagine). Mais elle se fait dure parfois, également, crue et même violente. Bref, elle est ce qui fait la vie elle-même. Quant à  l’histoire, le narrateur évoque – dans une chronologie volontairement floue puisque suivant le fil de ses pensées et de ses pérégrinations – ses amitiés (Michel, Diego), ses voyages (Afrique, Amérique du Sud), les femmes qu’il a aimées (Amélie, Joséphine…), certaines rencontres (Marcia/Marco) qui l’ont fait homme. Mais pas n’importe quel homme : un homme qui semble enfin prêt à comprendre et embrasser l’humanité tout entière ainsi que la nature, qu’il respecte beaucoup. C’est une fiction-réalité complexe, fouillée, qu’il serait donc difficile de restituer ici. Tout ce que je peux vous dire donc, c’est que ce livre m’a embarquée dès les premières lignes, et que je l’ai refermé en me disant que j’avais fait un beau voyage, que j’avais été témoin, par instants, de moments vrais. C’est une histoire forte – celle du narrateur, de l’auteur, au fond, peu importe – que je ne suis pas prête d’oublier.

Note : 5/5

Shifue.

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