B. Blier – 2010

Que dire d’un film aussi inattendu, surprenant, étrange, déroutant, dérangeant (du Bertrand Blier, quoi) ? Surtout quand le ‘pitch’ que l’on peut lire dans la petite gazette du cinéma dans lequel on vient d’aller le voir est aussi bien ficelé… Bon, alors, si vraiment il faut se lancer, allons-y !
Charles Faulque (Jean Dujardin, impeccable) est un écrivain célèbre, autrefois primé (Goncourt) et aujourd’hui retiré dans les Cévennes (superbe maison, superbe bureau-bibliothèque : ça, c’est pour les amateurs), mais qui a la fâcheuse habitude de boire toute la sainte journée : vin blanc bien frais principalement, mais aussi vodka, champagne… Sa femme l’a d’ailleurs quitté pour cette raison, en emmenant un soir leur fils de huit ans. Le bruit des glaçons ? C’est tout simplement parce qu’il ne se balade jamais sans son seau à glace sous le bras. Voilà le décor planté. Et puis, un beau jour d’hiver (au tout début du film), Charles reçoit la visite d’un homme qui n’apparait pas sur l’écran de vidéo-surveillance de sa propriété. Enfin si, mais il n’y a que lui qui le voit au début.  Normal lui explique cet homme un peu plus tard, il n’y a que les gens proches du malade, ceux qui l’aiment vraiment qui peuvent le voir. Ah oui, et puis les femmes aussi, parce que les femmes ça voit beaucoup de choses.  Mais ce n’est certainement pas Louisa, sa servante
(Anne Alvaro, elle aussi très juste), et encore moins la très jeune beauté russe qui tient compagnie à sa solitude qui pourraient bien le remarquer, n’est-ce pas ? Quel est cet homme ? Son cancer, bien évidemment, enfin c’est comme cela qu’il se présente (Albert Dupontel, incroyablement efficace).  Charles n’a pas l’air surpris : une vision due à l’alcool, ou bien la conséquence de la lassitude qu’il semble éprouver face à une vie pour laquelle il n’a plus de goût ? D’ailleurs son cancer le lui dit : sa femme l’a quitté, il a déjà eu le Goncourt, qu’est-ce qui s’oppose à son cancer après tout ? Voila, rien que l’idée du scénario est énorme, je trouve. Et alors, qu’en ai-je pensé me direz-vous ? Eh bien, encore une fois, difficile de décrire précisément, mais je vais essayer. Sur un sujet aussi délicat – a fortiori lorsque l’on se sent un peu concerné(e)… – je me suis dit avant d’avoir vu le film qu’il pouvait être soit très réussi, soit complètement raté, et je dois bien avouer que je penche pour la première option. Blier est dans son registre habituel : cynisme, (auto-)dérision, absurde, et franchement ça passe assez bien ici, contre toute attente. Bien sur, il y a eu des passages au cours desquels je me suis surprise à rire alors que, en y réfléchissant bien, la situation n’était pas si drôle que ça… Voire carrément glauque. Un peu comme pour Mammuth, le genre de films à propos desquels on se dit que si on se met à gamberger, on déprime aussi sec… Mais sur l’ensemble, j’ai trouvé que l’originalité du scénario était payante. Et puis sans doute aussi j’ai bien aimé comment l’histoire évoluait, alors que l’on pouvait se demander comment elle allait bien pouvoir se terminer. Car sans dévoiler beaucoup du film, on peut tout de même dire que celui-ci va petit à petit s’attacher à  suivre l’histoire d’amour naissante entre Louisa et Charles. Bref, je ne sais pas trop que rajouter de plus à mes propos précédents, sinon que ce film est intéressant dans le traitement d’un sujet lourd, qui touche de près ou de loin de plus en plus de gens de son entourage… Et si besoin en était, il permet de prouver que l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui (merci Monsieur Desproges).

Shifue.

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