Intégrale – Jung – 2007 & 2008 – Quadrants – 132 & 144 planches


Jung, ou plutôt Jun Jung-Sik est un enfant de 5 ans lorsqu’il est ramassé par un policier qui l’amène à l’orphelinat de Bertha Holt, américaine mondialement connue pour son institution. Nous sommes en 1970 en Corée du Sud, à Séoul, et le petit Jung n’est pas le seul enfant, bien au contraire, ils sont tellement nombreux à être seuls ici. Sa fiche mentionne qu’il a une couleur de peau miel et qu’il « élimine » bien. Les Coréens sont principalement adoptés pas des Américains et des Français. Cependant, c’est en Belgique que Jung trouvera une famille d’adoption, à Bruxelles, au milieu des terres flamandes. Il est accueilli par des parents qui ont déjà 4 enfants, 1 garçon et 3 filles. Jung apprendra très rapidement le français, à tel point qu’il oubliera tout aussi vite le coréen. Seulement il n’est pas aisé de s’intégrer dans un nouveau pays quand on ne ressemble pas aux autres, surtout à l’adolescence quand les questions sur le passé resurgissent.
‘Couleur de peau : miel’ est en fait un roman graphique, il ne s’agit pas ici d’une bd telle qu’on a l’habitude d’en lire, peu de dialogues, peu de bulles et pas mal de voix off. Jung nous narre ici les premières années de sa vie, de sa naissance (le jour où il a été emmené à l’orphelinat, à 5 ans) jusqu’à ses 18 ans et son voyage au Japon. Nous sommes ici témoins d’une mise à nu, de l’histoire d’un petit bonhomme sans racines qui doit prendre ses marques dans un pays nouveau, un continent nouveau, une famille nouvelle… Cet album nous permet d’en apprendre beaucoup sur la Corée. Un coté didactique nous permet de savoir pourquoi nous sommes aujourd’hui en présence de 2 Corées, nord et sud. Jung nous y explique également pourquoi ce pays est le premier exportateur d’enfants au monde, c’est plutôt pas mal d’apprendre en lisant des bds. Ce qui ressort le plus c’est l’émotion qu’on retire de cette lecture, on assiste à la vie d’un petit garçon, on le regarde grandir en voyant qu’il n’est pas aisé de se faire une propre identité sans racines profondes et solides. L’analogie faite aux arbres est d’ailleurs bien traitée et ça m’a plu, moi qui aime les arbres. Les planches en noir et blanc renforcent ce coté intimiste, c’est assez épuré, sans fioritures et ça me plait. Enfin, je ne connais pas l’auteur mais il semblerait à la lecture de ce diptyque que ça lui ait fait du bien d’écrire son histoire, de mettre sa vie en scène et que le résultat lui serve d’exutoire. On se dit d’ailleurs que c’est bien qu’il soit enfin retourné dans son pays d’origine à l’âge de 36 ans. On se dit qu’enfin certaines blessures vont peut-être se refermer.

Note : 5/5

Doy.

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