Hergé – 1933 – Casterman – 62 planches

En mission pour son journal, Tintin le jeune reporter embarque – en compagnie de son fidèle chien Milou – sur un paquebot en direction du Congo (colonie belge d’alors). Sur le même navire un certain Tom (homme de main d’Al Capone en personne) a embarqué clandestinement, son but étant de se débarrasser de Tintin au plus vite. C’est en héros que Tintin est accueilli au Congo, il est connu de tous et vient apporter sur ce continent la bonne parole et les bons gestes.
Et si je me relisais les Tintin me suis-je dit ! Pas bête ça, d’autant plus que ça fait un paquet d’années que je ne les avais pas ouverts, il va donc être intéressant de jeter un œil différent sur cette célébrissime série. D’abord je remarque ce papier plus fin que les modèles d’aujourd’hui, mon édition date de 1984, d’ailleurs les 62 planches font environ l’épaisseur d’un 48 planches actuel. Bon ok mais encore ? Il va pas nous faire un exposé sur le grammage du papier quand même… Non certes ! Au niveau contenu, je dois dire que j’ai été littéralement scotché. Comment dire, toi y’en a compwende que Tintin l’y venu sauver tous les pitis noirs ? Tintin arrive la-bas en véritable héros, il trouve des solutions à tout – ce qui peut se comprendre c’est le personnage central au fond – mais surtout on l’écoute car lui c’est le blanc qui sait, il est même élevé au rang de sorcier !!! Il faut remettre dans le contexte, à savoir en 1933, en pleine colonisation, le pays s’appelle Congo Belge. Cet album est rempli des préjugés de l’époque. Hergé dira d’ailleurs plus tard, en 1989, lors d’un entretien « Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : « Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là ! », etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique.» On peut d’ailleurs rajouter qu’en plus de l’aspect colonisation on trouve beaucoup d’autres choses choquantes de nos jours à commencer par les animaux. Pour commencer, ceux-ci savent parler, pourquoi pas, mais eux (contrairement aux noirs) parlent un bon français qui contraste avec les habitants locaux. De plus, ici Tintin n’est ni plus ni moins qu’un serial killer d’animaux, la conservation de l’espèce animale était loin d’être d’actualité en 1930. Nous voyons donc le petit reporter tuer une quinzaine d’antilopes, un singe avant de le dépecer, des crocodiles, mettre des coups de pieds à un léopard, assommer un buffle et le comble, faire exploser un rhinocéros à l’aide de dynamite !!! Quant à Milou, il bouffe la queue d’un lion. Y’a de quoi être choqué à notre époque. Sur cet aspect aussi Hergé fera un virage à 180° par la suite, les albums suivant n’auront pas du tout la même approche. Quoi qu’il en soit, Tintin au Congo est plutôt choquant si on ne prend pas un peu de recul. Choquant à tel point que certains ont demandé qu’il ne soit plus mis en vente libre mais uniquement pour public averti, comme bd de collection… Bref je ne me souvenais pas avoir été marqué autant par le passé par cet album mais c’est vrai qu’il faut le lire avec une certaine distance.

Note : 3/5

Doy.

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