Tomes 1 à 3 – Camille Jourdy – Actes Sud Bd – 2007 à 2009

Laissez tomber ce que vous êtes en train de faire et laissez moi vous raconter l’histoire de Rosalie Blum car je suis sure que, tout comme moi, vous allez l’adorer ! Qui est Rosalie Blum ? Vincent Machot aimerait bien le savoir… Et que fait-il donc pour en apprendre plus sur cette femme ? Il se met à la suivre discrètement, après son travail, à son cours de chorale, sur le chemin de sa maison, dans ses promenades solitaires, et même à l’intérieur de ses poubelles qu’il fouille pour en apprendre plus sur elle. Son visage et son nom lui sont familiers sans qu’il sache vraiment où il aurait bien pu la croiser auparavant. Cette femme l’intrigue, elle semble si seule, si perdue, elle qui noie régulièrement son chagrin dans l’alcool… Bizarre aussi ce Vincent Machot, vous me direz. Certes, il ne faut pas aller très bien pour occuper son temps libre à suivre une femme que l’on ne connait pas, sans jamais oser l’aborder. Car ce n’est pas qu’elle l’attire, et il ne lui veut pas non plus de mal. Mais cela met un petit grain de sel dans son existence bien fade. C’est qu’à 30 ans, Vincent est toujours sous la coupe d’une mère autoritaire, acariâtre, possessive, jalouse, perverse, limite castratrice, qui vit au milieu de poupées et de peluches et passe son temps à inventer des histoires où elle se réserve le meilleur rôle. Vincent a repris le salon de coiffure de son père, et on devine que ce n’est pas ce qui le faisait rêver quand il était jeune. Bon, je vais m’arrêter là pour l’histoire, pour ménager le suspens et vous laisser savourer un scénario super bien ficelé. Et pourquoi ça ? Ben, en fait, le premier tome nous permet de vivre l’histoire à travers les yeux de Vincent, et le second à travers les yeux de Aude, la nièce de Rosalie, que celle-ci va ’embaucher’ pour filer Vincent à son tour lorsqu’elle s’apercevra qu’il la suit. Tel est pris qui croyait prendre ! Et bien vu Camille Jourdy !
S’agissant de la forme et du dessin maintenant… J’ai déjà eu l’occasion de dire à maintes reprises que je n’étais pas fan du format réduit et de la couverture souple, mais je crois que je vais finir par arrêter. Car avec les albums de Domas, et maintenant cette série, je crois que je n’ai plus vraiment de raison de le faire… Ici, je pense même que la poésie et la finesse du trait n’auraient rien gagné à figurer dans des albums cartonnés et de plus grand format, au contraire. Pour ce qui est du trait de crayon de Camille Jourdy, je ne sais pas comment expliquer. Je dirais que j’ai accroché tout de suite, ça m’a parlé, touchée, je trouve certaines planches vraiment très belles, elle sait restituer des expressions sur les visages avec une économie de moyen. Elle a aussi le souci du détail, dans la décoration des intérieurs par exemple. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai reconnu tout de suite une touche féminine.
En bref, un dessin au service d’une histoire bien ficelée, touchante, ça mérite un gros coup de coeur. Merci  beaucoup à Del pour ce prêt, qui m’aura permis de passer un très bon moment de lecture et de détente.

Note : 5/5

Shifue. (22/09/10)

A mon tour de dire ici en quelques lignes ce que j’ai pensé de Rosalie Blum puisque moi aussi j’ai mis le nez dedans. Il est vrai qu’on ressent ici une touche féminine et c’est tant mieux. On remarquera que ces derniers temps les femmes dessinatrices arrivent en force et je trouve que c’est une très bonne nouvelle, la bd n’est pas qu’une histoire de mecs pour les mecs. J’ai aimé ce triptyque pour les mêmes raisons sus-citées par Shifue. Je trouve que le format convient particulièrement à l’histoire, on peut effectivement se demander légitimement si un format classique cartonné aurait donné le même résultat. J’ai aimé les personnages, pour ce qu’ils sont, pas de super héros ici, juste des gens qui souffrent ou qui ont souffert, insatisfaits de ce qu’ils vivent. Un focus sur la vie des gens à un instant précis et à la croisée de leur chemin. Moi aussi j’ai été touché par cette histoire, par la simplicité de certaines scènes émouvantes. Pour finir j’ai trouvé parfois une certaines similitude des traits avec ceux de Tardi dans la débauche, notamment dans la scène du bal masqué.

Note : 5/5

Doy. (13/10/10)

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