Claudie Gallay – Actes Sud – 2010 – 351 pages

C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la sortie du nouveau roman de Claudie Gallay, découverte il y  a quelques mois avec Les Déferlantes. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais je partais avec un a priori positif, car le style de cet auteur m’avait vraiment séduite.
Cette fois-ci, plus d’océan ni de terres sauvages, mais une ville du Sud en pleine effervescence : Avignon, en juillet 2003, année où le célèbre festival de théâtre avait été perturbé par la grève des intermittents du spectacle. Ca, c’est pour le décor. Enfin, un décor qui a son importance, car Avignon est un personnage à elle seule dans ce roman, avec ses rues, ses monuments, son fleuve capricieux – le Rhône. Ce paramètre ne pouvait que m’interpeler, connaissant particulièrement bien la ville et les lieux décrits ici… Et les personnages ‘vivants’, me direz-vous ? Ils sont nombreux. Mais il y a surtout Odon Schnadel, qui dirige le ‘Théâtre du Chien fou’ (comment ne pas penser au ‘Théâtre du Chien qui fume’, bien connu du public des festivaliers du Off ?), et qui a choisi cette année là de mettre en scène une pièce de Paul Selliès, un jeune auteur décédé avant même d’avoir rencontré son public, pièce dans laquelle joue Julie, la fille d’Odon (vous me suivez toujours ?). Deux autres femmes (parmi d’autres, qui ont un rôle secondaire dans l’histoire), complètent le tableau : Marie, la soeur de Paul Selliès, une écorchée vive qui ne se remet pas de la mort de son frère, et dont on ne sait pas trop ce qu’elle vient chercher en Avignon ; et enfin Mathilde Monsols, dit La Jogar, comédienne confirmée et adulée, qui a autrefois aimé passionnément Odon avec lequel elle partage un lourd secret. Il m’est impossible d’en dire plus car, comme dans Les Déferlantes, l’intrigue repose sur un événement passé volontairement tu, que le lecteur va découvrir au fil du roman et de ses minis chapitres (2-3 pages en moyenne). Sur ce point, la construction du récit est admirable, et complètement maîtrisée : on est tenu en haleine du début à la fin, et on a toujours envie d’en savoir un peu plus… S’agissant du style, et bien ce roman a confirmé mes espérances. Des phrases courtes, percutantes, où l’on sent que chaque mot est nécessaire. Bref, encore une très bonne cuvée !

Note : 5/5

Shifue.

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