Réal. par François Ozon, France, 2012, 1h45 min.

De François Ozon, j’avais notamment vu et aimé « 8 femmes » et surtout « Potiche », dans lequel Catherine Deneuve et Fabrice Luchini – déjà – se partageaient l’affiche dans des registres assez inhabituels. En allant voir « Dans la maison », je m’attendais donc à passer un bon moment… et je n’ai pas été déçue. Le casting est au rendez-vous : Fabrice Luchini (donc), Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner, Jean-François Balmer, Yolande Moreau (dans un petit rôle, certes…). Et puis il y a le jeune Ernst Umhauer, vraiment très convaincant dans le rôle de l’élève-tentateur-poil à gratter…
Pour ce qui est du scénario, très brièvement, le film met en scène Germain, professeur de français dans un lycée, qui semble totalement désabusé face à une nouvelle génération d’élèves manquant de curiosité intellectuelle, de vocabulaire, et de manière générale de culture. Mais en ce début d’année scolaire, un élément semble sortir du lot dans la classe : le jeune Claude qui, à l’occasion d’un exercice de rédaction, lui rend un texte à la fois mystérieux et déroutant qui se termine par « à suivre »… Ce qui laisse entendre à Germain qu’il va se passer quelque chose, et donc pour ainsi dire va le « ferrer » comme un poisson. Car Claude s’est en fait « introduit » dans la maison d’un camarade de classe plutôt effacé et médiocre, scolairement parlant, en prenant le prétexte de l’aider à faire ses exercices de mathématiques. Mais il s’agit en fait pour lui de s’immiscer au sein d’une famille « normale » de la « classe moyenne » (ce sont ses propres mots), et de se livrer ainsi à une étude de moeurs sans concession, en jetant notamment son dévolu sur la mère de son camarade, une femme sans intelligence mais encore très attirante (Emmanuelle Seigner, évidemment…). Germain, qui s’ennuyait visiblement aussi dans son couple (formé avec Kristin Scott Thomas, parfaite dans son rôle d’épouse délaissée responsable d’une galerie d’art contemporain), va ainsi retrouver le goût d’enseigner et entrer bientôt dans une relation maître-disciple avec Claude, sans que l’on sache réellement qui est le maître et qui est l’élève.
Tout le talent de François Ozon à travers ce film est selon moi d’embarquer le spectateur dans une histoire prenante, dont on pressent qu’elle va mal se terminer mais sans que l’on sache réellement pourquoi. L’idée de parler de la transgression (introduction de Claude dans la « Maison », abolition des frontières et naissance d’une certaine forme d’intimité entre l’enseignant et l’élève – le premier allant jusqu’à voler le sujet d’un devoir de mathématiques pour donner au second une occasion de s’immiscer à nouveau dans la famille de son camarade et ainsi pouvoir lire un nouvel épisode de ce feuilleton à suspens) est très bien vue car elle n’emprunte pas les ficelles et registres classiques. La notion de voyeurisme très présente également interpelle le spectateur qui se retrouve lui aussi témoin de la vie de cette famille et prend plaisir à observer leur comportement, leurs réactions, leurs joies et leurs peines. A bien y réfléchir, on se dit que l’on n’aimerait pas être à leur place et eux à la nôtre, mais on se prend inévitablement au jeu. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce film, mais il me semble plus intéressant, pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient le voir, de le découvrir par vous même. C’est pourquoi je vous encourage vivement à aller le voir au cinéma, vous ne serez pas déçus !

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2 commentaires sur « Dans la maison »

  1. Merci pour ce récit! J’aimerais bien voir ce film d’Ozon (moi aussi j’ai aimé « 8 femmes ») , mais malheureusement il n’est pas (encore?) présenté dans les cinémas de ma ville (allemande)…

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