domas-poisDomas – La Boîte à bulles – 2016

Comme vous le savez, ici on aime Domas. On l’a d’ailleurs écrit , et , puis encore . Je ne m’inquiétais donc pas trop quant au fait de savoir si j’allais accrocher ou pas lorsque j’ai ouvert les premières planches de ce nouvel album. Et en le lisant, puis en le refermant, j’ai ressenti la même émotion que pour ses albums précédents. Il y a toujours beaucoup de sensibilité dans le trait de crayon de Domas et de la justesse dans les tranches de vie qu’il nous fait partager. Car il s’agit encore une fois d’une BD très personnelle, autobiographique : Domas y évoque en effet la maladie de sa mère – le syndrome de Benson – qui entraîne, comme pour la maladie d’Alzheimer mais à ne pas confondre avec, des pertes de mémoire et donc une perte d’autonomie progressive.
« Le syndrome du petit pois » aborde plus précisément la façon dont Max – le nom du double de Domas – « vit » la maladie de sa mère. De l’abattement, de la révolte, de la colère, de l’incompréhension face à ce qui ne peut être vécu que comme une injustice : pourquoi la maladie s’en prend-elle à ceux que l’on aime, a fortiori lorsqu’il s’agit des êtres qui nous sont le plus chers ? Le lecteur suit donc Max/Domas durant les trois années qui suivent l’annonce du diagnostic de la maladie, sur une pente qui n’est autre qu’une forme de dépression, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur sa vie de couple et de famille. Et puis… Mais je ne vous raconterai pas comment l’histoire se termine, sachez seulement qu’au bout du tunnel il y a toujours de la lumière et qu’il est important de se raccrocher à cette idée, même lorsque cette lumière n’est encore qu’un point minuscule à l’horizon.
Pour parler graphisme en quelques lignes – puisqu’en matière de BD le sujet a quand même son importance – j’avoue ne pas avoir été déstabilisée non plus par ce nouvel album. On retrouve en effet le trait, la couleur (ou plutôt ce mélange de noir/blanc/rouge), déjà présents dans « Litost », « 3 minutes » ou « Souvenirs de moments uniques ». Et toujours de très belles planches qui évoquent tour à tour l’amour, la joie, la peine… : ce qui fait la vie quoi. Bref, du Domas comme on l’aime. Je vous en conseille la lecture, en tout cas…

Citations :
« Plus tard, je réaliserai que l’état de ma mère fait partie, au même titre que la mort, des choses auxquelles je ne dois pas penser. Elles n’ont pas d’issue. »
« C’est si simple en fait. Je ne peux pas changer les choses. Je ne peux pas changer les gens. Mais je peux m’affirmer. Il faut que j’existe pour moi, pour exister pour les autres. Et pas que je m’y aliène, et que je les mélange. »

Note : 5/5

Shifue.      

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