La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker – 2012 – De Fallois Poche – 854 pages

img_20160923_184230Résumé : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Mon avis : C’est une fois la caravane passée, les coureurs, la voiture balai, les spectateurs partis que je me réveille en lisant, 4 ans après sa sortie, le best-seller de Joël Dicker. Bien sur tout a été dit/écrit dessus et mon modeste post ne révolutionnera pas la planète littéraire, nous sommes bien d’accord ! Je voulais néanmoins laisser mes impressions pour m’en rappeler quand je serai vieux, quand j’aurai lu tant et tant de romans que l’évocation même du titre ne me rappellera rien, disons dans… ok demain… Une phrase, écrite par Pivot himself, résume bien ce livre : « Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la six centième page (NDRL 854 en poche). Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coups de théâtre ». C’est tout à fait ça, j’ai dévoré ce roman en très peu de temps. C’est redoutable, chaque chapitre donne l’envie irrépressible d’entamer le suivant immédiatement, sans aller se brosser les dents, sans mettre ses bigoudis, sans dormir, sans penser à respirer. Rebondissements à tous les chapitres, voire à toutes les pages. Suspens haletant, hitchcockien même, mettant à mal toute certitude d’avoir enfin réussi à comprendre qui est le méchant. Vérité là où on ne l’attend pas, forcement… C’est du début à la fin, et je ne m’en suis pas lassé une seule seconde. C’est savamment distillé, parfaitement maîtrisé, minutieusement orchestré, chapeau bas ! A propos de l’enchaînement des chapitres et de cette capacité à donner envie d’aller au suivant dans la seconde, je me souviens avoir ressenti cette même maîtrise (cette technique ?) dans les 3 tomes de Millénium. Lors de l’enquête je me suis même surpris à essayer de comprendre qui pourrait bien avoir commis l’irréparable, je pensais bien au colonel Moutarde dans la véranda. Que Nenni, il nous manque toujours un élément qui à coup sur remet tout en cause et qui fait qu’on est content de ne plus avoir un poil sur le caillou pour ne pas avoir à se les arracher…

Les personnages sont bien traités, j’ai été pris d’une empathie pour certains ou d’une réelle aversion pour d’autres. Là aussi les sentiments envers les différents protagonistes peuvent changer au cours de l’histoire, au gré des retournements. On pense les connaitre pendant les 3/4 du roman et on se prend une bonne claque, au moment où on ne s’y attend pas. Ce qui est remarquable c’est qu’il est possible d’avoir une seconde lecture et de se dire « mais oui c’était pourtant là devant mes yeux, la vérité était là depuis le début ». Vraiment la construction est parfaite. J’ai eu l’impression en refermant ce livre, d’avoir mis en place la dernière pièce d’un puzzle, la dernière pièce qui, à elle seule, permet de voir et surtout de comprendre l’image dans son ensemble.

J’ai beaucoup aimé également les conseils prodigués par Quebert à Goldman à chaque début des 31 chapitres. On ne comprend pas forcement au départ puis tout se met en place, lentement. Nous assistons, en parallèle de l’histoire, à la naissance d’un auteur, à son apprentissage et à la construction de son premier livre.

Bien sur vous l’avez bien compris, j’ai adoré ce livre, tant pour son le contenu scénaristique que pour son rythme effréné. J’y suis arrivé tard mais il aurait été dommage de rater ce très bon roman.

Citations : « Chérissez l’amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes il y aura d’autres hommes. Après les livres, il y a d’autres livres. Après la gloire, il y a d’autres gloires. Après l’argent, il y a encore de l’argent. Mais après l’amour, Marcus, après l’amour il n’y a plus que le sel des larmes. »

« Tout ce que je sais c’est que la vie est une succession de choix qu’il faut savoir assumer ensuite. »

« Apprenez à aimer vos échecs, Marcus, car ce sont eux qui vous bâtiront. Ce sont vos échecs qui donneront toute leur saveur à vos victoires. »

La phrase à lire après le générique de fin : un merci spécial à me petite pepette (pour la photo) qui ne savait pas où donner de la tête tant ce thriller est riche en retournements de situation.

Note : 5/5

Doy.

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2 commentaires sur « La vérité sur l’affaire Harry Quebert »

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