choses-perecGeorges Perec – 10-18 Julliard – 1965 (tirage 2012) – 170 p.

Le problème quand on commence à relire pour le plaisir* comme c’est mon cas depuis quelques semaines – étant restée un certain temps voire un temps certain sans lire, ou tout du moins sans lire autre chose que des lectures imposées – c’est qu’il y a tellement de romans en tout genre que l’on ne sait plus où donner de la tête. Ce sentiment est renforcé lorsque l’on se trouve en période de rentrée littéraire comme c’est le cas en ce moment, les librairies regorgeant de nouveautés toutes plus attirantes les unes que les autres. Car on a beau lire régulièrement et depuis des années, il y a forcément des livres à côté desquels on a pu passer, volontairement ou non. Des livres à ranger au rayon des classiques que l’on se doit de lire un jour. « Les choses » de Georges Perec en est un. Et c’est tout récemment, après en avoir discuté avec une de mes collègues de travail, que je me suis dit que j’allais enfin le lire.
Sauf que, voilà, a posteriori je pense que ce n’était peut-être pas le bon moment pour lire ce « classique » de la littérature française, qui a valu à Georges Perec le Prix Renaudot en 1965. Il y a un temps pour tout, et je pense qu’en ce moment j’ai surtout envie en lisant de passer un bon moment, de me faire plaisir, de rentrer dans la vie de personnages dont les aventures me transportent, auxquels je peux m’identifier, ou auxquels je m’attache car ils me sont familiers ou sympathiques. Rien de tout cela ici. Nul doute pourtant que le roman de Georges Perec est effectivement à classer dans la catégorie des livres qu’il faut avoir lu un jour. Mais comme il se produit parfois des décalages spatio-temporels, je pense tout simplement que sa lecture restera pour moi de l’ordre du rendez-vous manqué.
Je ne reviendrai pas en long, en large et en travers sur ce dont parle ce roman : les aspirations de Sylvie et Jérôme, psychosociologues dans la seconde moitié de la
 vingtaine, qui rêvent de posséder tous les attributs de la bourgeoisie de leur époque et accéder à un certain standing social. Le livre a fait l’objet d’analyses, de critiques et commentaires multiples qu’il est aisé de trouver en allant de ci de là sur le web. Je serais donc mal placée pour y aller de ma propre exégèse. Ce que je peux en revanche vous livrer c’est mon modeste ressenti, qui au final tient en quelques lignes seulement : j’ai survolé cette lecture dans un état que je qualifierais de dubitativo-perplexe. Oui, veuillez m’excuser, mais après avoir ingurgité une demi-bouteille de champagne en apéritif et un verre de vodka en digestif, comme c’est le cas à l’instant même ou j’écris ce billet, je ne suis plus tout à fait en possession de mes facultés intellectuelles… Je me suis même demandé si le substantif de « roman » convenait réellement à ce livre ? Le narrateur – Geroges Perec lui-même ? – se place à une distance telle des personnages que l’on en vient à se demander parfois si on a entre les mains un roman ou plutôt un essai sociologique, dont le jeune couple est l’objet central.
Bref, je ne saurais très exactement dire ce que j’en ai réellement pensé au final, et pour une fois me retrouve dans l’incapacité totale de lui attribuer une quelconque évaluation. Rendez-vous donc très rapidement avec, je l’espère, une lecture dont je saurais quoi vous dire plus précisément.

* spéciale dédicace à Herbert Léonard 

Il me restera toutefois de ce livre quelques citations très fortes, qui me font dire finalement que sa lecture n’a pas été totalement vaine :
« Les vrais départs se préparent longtemps à l’avance. Celui-ci fut manqué. Il ressemblait à une fuite. »  
« Leur vie était comme une trop longue habitude, comme un ennui presque serein : une vie sans rien. »
« Ils étaient à bout de course, au terme de cette trajectoire ambiguë qui avait été leur vie pendant six ans, au terme de cette quête indécise qui ne les avait menés nulle part, qui ne leur avait rien appris. »

Shifue.

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