La septième vague

La septième vague – Daniel Glattauer – Grasset – 2011 – 352 pages

la-septieme-vagueRésumé (4ème de couverture) : Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l’unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d’avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d’amour où l’on ne connaît pas le visage de l’autre ? Où l’on rêve de tous les possibles ? Où l’on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? « Pourquoi veux-tu me rencontrer ? » demande Léo, inquiet. »Parce que je veux que tu en finisses avec l’idée que je veux en finir » répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l’amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Léo et Emmi finiront de s’esquiver pour mieux… s’aimer !

Mon avis : Parlons un peu de la suite des aventures épistolaires d’Emmi Rothner et Léo Leike au terme du premier opus « Quand souffle le vent du nord ». Initialement comme je l’avais évoqué ici même cette histoire ne devait semble-t-il pas avoir de suite. Ce sont les demandes insistantes de nombreux lecteurs qui ont poussées Daniel Glattauer a écrire la suite de ce très bon roman. Bon il s’est peut-être dit aussi que ça pourrait rapporter un max de brousoufs mais là c’est une supposition tout à fait personnelle… Toujours est-il que continuer un roman censé être un one shot n’est pas forcément chose aisée, c’est du moins ce que je me suis dit pendant les 50 premières pages. Je ne suis pas rentré immédiatement dans le rythme me disant que l’auteur n’arrivait pas à raccrocher immédiatement les wagons (ou bidons comme on dit chez moi…) entre eux. De plus l’effet de surprise n’est plus, forcément, le même quand on connait déjà les personnages et leurs défauts, le rythme, le style. Un début en demie teinte selon moi. Mais, mais, mais (pour faire écho au si, si, si d’Emmi) la magie opère au fil des pages en retrouvant ces mails tantôt cinglants, ironiques, cyniques, percutants tantôt emprunts de sensibilité, doux, sincères, naïfs de deux personnages qui ne peuvent se passer de s’écrire par envie irrépressible, par besoin obsessionnel. Comme le tome 1 ça se lit très (trop) vite, les mails sont dévorés sans respirer, les pages défilent. Je me suis même dit en refermant ce livre que je lisais âchement vite, mais non en fait, j’ai cru un moment que j’avais un super pouvoir. Le jeu des personnages est intéressant bien qu’ils n’aient guère changés, adeptes du je t’aime moi non plus, du jeu du chat et de la souris, de se dire les choses, à demi mot, sans vouloir se dévoiler, de j’avance et je recule pour enfin, peut-être, sur un malentendu, passer du virtuel au réel. Et pour quel résultat ? Georges Clémenceau n’a-t-il pas dit « Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier » ? C’est bien de ça dont il s’agit ici, rencontrer – ou pas – la personne qu’on idéalise par mail. N’est ce pas se confronter à la réalité et faire retomber toute la magie qui n’existe que parce que la relation est impossible ?

Enfin, de nombreux passages m’ont « parlé », pour ne pas dire plus, faisant écho à ma propre histoire, ce qui procure une sympathie supplémentaire pour ce livre et pour ses deux protagonistes. J’ai donc passé, malgré le début un petit peu mitigé, un fort bon moment.

Citations : « Je vis ma vie, tu vis la tienne, et nous vivons le reste ensemble. »

« Parce qu’au final, toute fin est aussi un commencement. »

« Et avec les mails, on passe aussi ensemble le temps qui sépare deux messages. »

Note : 4/5

Doy.

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Quand souffle le vent du nord

Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer – 2010 – Grasset – 348 pages

quand-souffle-le-vent-du-nordRésumé (quatrième de couverture) : En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement.

Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre…

De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.
Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…

 
Mon avis : Roman lu par ma femme dont elle a fait un post en 2010 et que je vous conseille vivement, il était temps que je me mette à lire cette œuvre tachée de vin (comprenne qui pourras…). C’est d’ailleurs en relisant ledit post que je me suis dit qu’il faudrait que je m’y mette un jour. Je l’ai feuilleté, j’en ai lu quelques pages et bardaf c’est l’embardée (Manu Thoreau si tu nous regardes…).
Le premier constat c’est que ça se lit très vite (trop ?), on enchaine les mails des 2 protagonistes (voire plus…) en ayant des difficultés à s’en détacher. Quoi la quiche crame ? Je reviens !!!
Le seconde constat qui rejoint celui de ma moitié c’est qu’en effet cette histoire, par certains cotés, nous parlent directement. Même si, en effet, il ne s’agit en rien de la même chose, de le même histoire et des mêmes conclusions.
 

Quoi qu’il en soit j’aime bien ces romans épistolaires… Le cercle littéraire des épluchures de patates m’avait laissé un très bon souvenir, ça sera également le cas de cette lecture.

De plus, bien qu’initialement cette histoire ne devait pas avoir de suite Daniel Glattauer en a écrite une en 2011 sous le titre de La septième vague. Bien entendu je la lirai très probablement pour savoir ce qu’il advient d’Emmi et Léo.

Enfin, je viens de découvrir que ce roman a été adapté en 2015 au théâtre. Pas sur cependant d’avoir envie de voir cette adaptation.

 

Citations : « Je suis comme cela : il faut toujours que j’imagine le pire, pour me construire des défenses qui me permettront de le supporter s’il se produit. »

« Vous êtes comme une deuxième voix en moi, qui m’accompagne au quotidien. Vous avez fait de mon monologue intérieur un dialogue. Vous enrichissez ma vie spirituelle. Vous remettez en question, vous insistez, vous parodiez, vous vous opposez à moi. Je vous suis reconnaissant pour votre esprit, pour votre charme, pour votre vivacité, et même pour votre « mauvais goût »

« Je pense beaucoup à vous, le matin, le midi, le soir, la nuit, entre-temps, à chaque fois un peu avant et un peu après – et aussi pendant. »

Note : 5/5

Doy1.

La septième vague

Daniel Glattauer – Grasset – 2011 – 348 pages

Je me souviens parfaitement, encore aujourd’hui, et avec beaucoup d’émotion, de ce que j’avais écrit il y a un peu plus d’un an sur ce blog à propos de ‘Quand souffle le vent du nord‘, dont ‘La septième vague’ est en fait la suite. Ce roman m’avait touchée parce qu’il faisait étrangement écho à ma propre histoire, et que pour cette raison là ou peut-être en plus de cela, il m’avait énormément plu. Beaucoup de choses se sont passées depuis… Les aléas de la vie, quoi. Oui, on va dire ça…
Petite précision avant de vous parler de ‘La septième vague’ : je ne savais pas qu’il y aurait une suite aux aventures de Léo Leike et Emmi Rothner, car la fin de ‘Quand souffle…’ pouvait sembler définitive. Et même si je me souviens très bien être restée sur ma faim en refermant le premier volet de cette histoire d’amour un peu hors normes, je ne m’étais pas du tout posée la question de savoir si cette relation épistolaire, par mails interposés, aurait pu évoluer dans le temps car elle semblait sans issue. D’après ce que j’ai pu lire par ci par là, Daniel Glattauer ne songeait pas non plus à écrire une suite à ces aventures, mais il y aurait été poussé en raison de l’enthousiasme soulevé chez ses lecteurs, séduits par le premier roman. Grand bien lui en a pris, donc, et grand bien m’a pris aussi d’aller flâner dans les rayons de la ‘Kefna’ le week-end dernier, car j’étais passée complètement à côté de cette sortie incontournable.
J’ai donc retrouvé pour mon plus grand plaisir les mails pleins d’esprit d’Emmi et Léo, tantôt gais, tantôt tristes, tantôt ironiques, tantôt cyniques, tantôt moqueurs, tantôt enflammés, tantôt désespérés, tantôt implorants, tantôt désabusés, tantôt rancuniers, etc. En les lisant, on ne peut en effet qu’en tirer la conclusion suivante : s’agissant de la relation amoureuse, le mail a ses limites, car s’il permet de conserver le lien, il sert trop souvent d’écran à celui ou celle qui ne parvient pas à se livrer ou qui élude les questions sensibles, et il peut ainsi créer chez l’autre de la frustration. Jusqu’à la fin, on se demande donc comment toute cette histoire va bien pouvoir se terminer (mais en a-ton vraiment terminé avec Léo et Emmi ? On a des raisons d’espérer maintenant…). Il serait idiot de vous dévoiler ne serait-ce qu’une petite partie de ce qui se joue entre nos deux amis-amoureux-confidents. Je vous laisserai donc le soin de lire ces deux romans si ce que je viens de vous en dire vous en a donné l’envie. Je vous dirai simplement une chose, qui affleure à tout moment au long des mails échangés par nos deux protagonistes, et qui me semble très juste : l’amour s’accommode mal de la distance – distance géographique, mais aussi distance que les technologies de la communication mettent entre les gens, en leur donnant l’illusion de les rapprocher – sur le long terme…
A méditer !

Note : 5/5

Shifue.

Quand souffle le vent du nord

Daniel Glattauer – 2010 – Grasset – 348 pages

Pour être tout à fait honnête, je ne me suis pas orientée vers ce roman par hasard. En effet, l’histoire d’un homme et d’une femme, Léo et Emmi, qui ne se connaissent pas et qui vont tomber amoureux par mails interposés ne pouvait que faire écho à ma vie présente. C’est donc assez fébrile, car impatiente de savoir comment l’auteur avait envisagé les choses, que j’en ai entamé la lecture.
Je ne dévoilerai pas ici comment les personnages vont se rencontrer ni comment leur relation va évoluer, cela n’aurait aucun intérêt pour le lecteur potentiel que vous êtes, ou le lecteur réel que vous avez été. En revanche, je pourrais vous dire ce que j’ai ressenti en parcourant ces pages, que j’aurais pu lire d’une traite si j’en avais eu le temps… Une sensation troublante lorsqu’il me semblait avoir déjà lu ou écrit certains messages rédigés par Emmi ou Léo, de l’étonnement face à une réponse que je n’aurais pas envoyée, de la curiosité quant à la tournure des évènements survenant au fil du roman, et tant d’autres impressions qui font la différence entre un bon et un très bon livre.
Encore une fois, je n’aurais sans doute pas été aussi conquise par ce roman s’il n’avait autant résonné dans ma propre histoire. Et pourtant, je ne suis pas Emmi et l’homme que j’aime n’est pas Léo. Mais justement, chaque histoire d’amour est unique, et c’est bien cela qui fait que j’ai tant aimé ce livre…

Note : 5/5

Shifue.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Mary Ann Shaffer, Annie Barrows – 2009 – NiL – 396 pages

Beaucoup de choses ont été dites sur ce livre, le buz a fait son travail, et voilà c’est à mon tour d’y passer. D’abord je dois bien avouer que la couverture me plait, le ton est donné. On sait qu’on va avoir un paquet de lettres à lire. Ensuite il y a l’histoire, sous forme d’échange épistolaire d’après guerre entre une romancière londonienne et des habitants de Guernesey qui ont formé – pendant cette guerre – le cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates de Guernesey. On peut se demander si ça va être facile à comprendre – voire intéressant – ces lettres qui se suivent, eh bien oui. Les personnages se mettent en place rapidement et on n’est pas perdu. On s’attache même à certains comme Elisabeth.
Enfin l’histoire en elle même m’a beaucoup plu. C’est souvent frais, plaisant et ça se lirait d’une traite. Mais certains passages peuvent être également poignants surtout ceux relatant de près ou de loin la déportation.
En tout cas je le relirai, c’est certain…

Note : 5/5

Doy. (25/03/10)

J’ai beaucoup aimé moi aussi. L’idée de construire le roman sous forme d’échanges de correspondances était en effet très bien vue.
L’histoire n’est pas forcément drôle, mais le roman lui-même est empreint d’un humour très « anglais », auquel je suis généralement assez sensible. Bref, il faut que le bouche à oreille continue son office, car ce livre le mérite vraiment !

Note : 4/5

Shifue.