Canada – Richard Ford

Canada – Richard Ford – 2012 – Point – 504 pages

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4ème de couverture : Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque. Pour échapper à l’orphelinat, il fuit au Canada. Dans la région sauvage du Saskatchewan, il se réfugie chez Arthur Remlinger, charismatique et mystérieux propriétaire d’un hôtel, qui le prend à son service. Au milieu d’hommes pour qui seule compte la force brutale, Dell enterre son innocence et part à la recherche de son nouveau destin.

Mon avis : C’est le premier roman que je lis de l’auteur américain Richard Ford. Les critiques du livre sont quasi toutes dithyrambiques, le prix Femina étranger lui a été décerné en 2013. La quatrième de couverture donne envie de partir vers les grands espaces canadiens. Prêt pour le départ ? Mais avant de partir fouler les contrées canadiennes il faudra d’abord que le narrateur, Dell, 15 ans, nous explique pourquoi ses parents vont braquer une banque, et ça va durer pas moins de 250 pages. Je dois vous avouer qu’il m’a fallu m’accrocher car, bien qu’étant bien écrite, cette partie est d’une longueur sans nom. En effet celle-ci relève plutôt de la psychologie d’une famille américaine des années soixante et on y découvre les facette des différents personnages, Bev Parsons, le père, ancien pilote bombardier de la US Air Force, mis à la retraire forcée qui passe de job en job. Neeva Parsons, la mère, petit bout de femme introverti limite associable, malheureuse dans sa vie de couple, enseignante en collège. Berner, la soeur jumelle de Dell. Et enfin ledit Dell, qui relate ces faits 50 ans plus tard. L’histoire en elle même est intéressante, là n’est pas la question, mais lorsqu’on s’attend aux grands espaces et qu’on se retrouve coincé à Great Falls, petite ville américaine du Montana, c’est vite long…
Une fois cette partie lue et après m’être endormi sur mon livre à plusieurs reprises, le rythme est un peu plus soutenu (ou moins lent…) lorsque le jeune garçon se retrouve au Canada. Nous faisons connaissance d’un environnement très différent de la petite ville américaine, la vie est plus rude et les conditions dans lesquelles Dell vit désormais ne sont pas faciles. L’aspect psychologique des personnages y est toujours traité en détail, mais la narration est plus rythmée. On découvre également un peu plus de ce grand pays et la rudesse de l’hiver approchant. De plus cette partie traite très clairement de l’apprentissage du jeune garçon, livré à lui même. Bien qu’il soit sous la coupe du propriétaire de l’hôtel qui l’accueille, Arthur Remlinger, et pour lequel il travaille, Dell n’en sera pas moins obligé de s’adapter aux conditions difficiles qui l’attendent, tant physiques que psychiques.
Enfin, la troisième et dernière partie est quant à elle beaucoup plus à mon gout. En effet nous retrouvons Dell à l’âge de 65 ans, proche de sa retraite de professeur et qui revient sur le reste de sa vie de façon accélérée. Il aura depuis pris la nationalité canadienne. De plus c’est sans doute la toute fin du livre qui m’a fait me dire que j’avais apprécié cette histoire, Dell et Berner y jouant un rôle fort.
Au final j’oserais dire qu’il ne se passe pas grand chose dans ce roman mais ce n’est pas le but. La beauté de ce récit repose essentiellement sur les personnages et leur psychologie, ce que je n’avais pas forcement appréhendé au début. Les concepts d’identité et d'(auto-)apprentissage, qui sont à mon sens les principaux thèmes de ce roman, sont traités avec justesse.

Citations : «Sans doute que, dans bien des cas, envisager une question sous tous les angles revient à ceci : faire ce qu’on a envie de faire – dans la mesure du possible»

«La solitude, ai-je lu quelque part, c’est comme se trouver dans une longue file d’attente, dans le but de parvenir à la première place, celle où l’on vous a dit qu’il arriverait quelque chose de bien. Sauf que cette file n’avance pas et que de nouveaux venus ne cessent de vous passer devant, de sorte que la première place s’éloigne de plus en plus, au point qu’on cesse de croire qu’elle ait quelque chose à offrir.»

«Ce qu’on a fait, ce qu’on n’a pas fait, ce qu’on a rêvé de faire, un beau jour tout se rejoint.»

Note : 4/5

Doy.

En attendant Bojangles

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut – 2016 – Finitude – 160 pages.

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Pitch (ou 4ème de couv) : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis : Mille fois commenté, mille fois encensé je vais essayer de faire un post qui sorte un peu des sentiers battus, j’y mettrai du c’est top, trop cool, génial, +1, trop de la balle pour faire le buzz. Bien sur je déconne. En fait, une fois refermé je me suis juste dit « ouah » ! J’aurais tout aussi pu dire « ah ouais quand même » ou alors en mode ouvertures de vannes un truc du genre « ce roman met une sacrée claque, je vais le relire à n’en pas douter… »

Si vous vous rappelez bien, fidèles lecteurs, ce roman faisait partie de ma PALP (je suis en train de me dire que ma PALP qui compte principalement des romans pourrait s’appeler ma PALP FICTION, ok je sors…) et devait être lu mais pas dans l’immédiat. C’est hier que ma très chère femme l’a ramené et que je n’ai pas pu résister. Oui je suis faible j’avoue. J’ai même laissé ma lecture du moment (Canada de Richard Ford) de coté pour dévorer celui qui me titillait trop ! J’ai commencé hier soir donc, et j’ai tout de suite accroché, non, adoré. Non pas parce que tout le monde dit que c’est bien, parce qu’il est primé. Non, parce j’ai aimé le style dès le début, parce faire parler l’enfant donne un regard naïf, attendrissant, parce que certaines phrases ou réflexions du père me font penser à du Raymond Devos dans le texte (voire à mon père à moi), parce que c’est frais, parce qu’on comprend ce qu’est l’amour fou et/ou la folie de l’amour. Oui l’amour fou il s’agit bien de cela ici, où la folie est palpable au sens propre comme au sens figuré. La folie comme maladie, celle de la mère…

J’ai lu la première moitié du bouquin et puis je me suis quand même dit « c’est pas tout ça mon Doy mais demain y faut quand même aller bosser alors si tu dormais un peu tu pourras reprendre et finir cette douce lecture demain ? » Insomnie mon amie, Merci ! Oui d’habitude je te maudis insomnie mais là merci car c’est grâce à toi que je me suis levé à 04 heures 30 du mat’ ce qui m’a permis de terminer cette fable extravagante. Je n’ai pas du attendre ce soir pour connaitre la fin, cette émouvante fin.

Je ne vous cache pas que j’avais la gorge serrée en refermant ce livre sans vouloir en dire trop pour autant. Comment ça j’étais le seul en France à ne pas avoir lu ce roman ? Alors je peux balancer la fin ça gênera personne ?

Depuis que je me suis remis à beaucoup lire (toute proportion gardée bien entendu, moins que Pivot mais plus qu’un ********, du moins j’espère) c’est sans nul doute ma lecture préférée, dans le contenu, le rythme, le fond, la forme (…) de cette année.

******* je vous laisse mettre le nom que vous voulez j’ai pas envie d’avoir d’ennuis 🙂

Citations : « D’elle mon père disait qu’elle tutoyait les étoiles, ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde, y compris moi. »

« Sur le mur, était accroché un poster de Claude François en costume de pacotille, que Papa avait transformé en cible à fléchettes avec un compas, parce qu’il trouvait qu’il chantait comme une casserole, mais dieu merci, disait-il, EDF avait mis fin à tout ça, sans que je comprenne ni comment, ni pourquoi. « 

« J’avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l’assaut des ses lointains moulins quotidiens »

Note : 5/5

Doy.

Tomboy

Céline Sciamma – Pyramide distribution – 2011

Un vrai coup de coeur pour ce film, voilà ce que je peux vous dire au lendemain de la séance ! Sur un sujet pas simple – la découverte de sa sexualité par une fillette prépubère – la réalisatrice réussit à aborder des questions délicates sans tomber dans le mièvre, la sensiblerie ou le pathos. Bravo !
Et l’histoire, alors ? Laure, une fillette d’une dizaine d’années, emménage avec ses parents et sa petite soeur Jeanne dans un nouvel appartement pendant les grandes vacances. Dès les premières images, on est troublé par son physique et son apparence, tant il est difficile de savoir s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Le doute subsiste un bon moment car on ne sait pas tout de suite quel est son prénom, et lorsqu’elle se présente à une petite voisine, elle dit se prénommer Michaël. Lisa, la voisine en question, n’y voit donc que du feu, de même que les copains qui jouent en bas de l’immeuble et qui vont rapidement l’adopter. D’autant que Laure/Michaël se révèle assez doué(e) au foot. Laure/Michaël va donc devoir jouer le jeu de l’ambiguïté, et le spectateur se demande combien de temps la supercherie va bien pouvoir durer. La situation se complique lorsque Lisa et son ami se rapprochent encore…
J’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant voir ce film. La découverte de la sexualité, et en l’occurrence de l’homosexualité, est un thème qui a déjà pu être traité à l’écran. Mais ce qui est original ici c’est qu’il s’agit d’une petite fille, ce qui rend certaines scènes assez troublantes. Le casting est irréprochable et la jeune actrice épatante. Bref, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller voir ce film, qui certes n’est pas très drôle (on a fait pire, voir ci-dessous…), mais qui pose des questions et assurément ouvre l’esprit.

Shifue.

Trois ombres

Cyril Pedrosa – One Shot – 2007 – Delcourt – 268 planches

C’est l’histoire d’une petite famille. Un papa, une maman et leur petit Joachim sont parfaitement heureux. La vie est belle, ils s’amusent et s’aiment, la vie rêvée quoi. Un soir, au moment d’aller au lit le jeune garçon n’arrive pas à dormir à cause des 3 ombres qui se détachent de l’horizon, en haut de la colline. Ces ombres qui apparaissent sous la forme de cavaliers s’évanouissent dès qu’on s’approche d’elles ce qui intrigue les parents. Ils finissent par comprendre ce qui est inconcevable, ces ombres annoncent une triste fatalité, la disparition annoncée de leur enfant. Bien qu’ils comprennent ce qui est inéluctable les parents de Joachim refusent la vérité et décident qu’il faut fuir. Après des adieux déchirants avec sa maman, Joachim et son papa tentent ainsi d’échapper aux ombres. Ils embarquent sur un navire pour une grande traversée, peut-être que la mort ne traversera pas les eaux…
Attention, ouvrez bien vos mirettes je vais faire un commentaire négatif sur cette bd, et accrochez vous bien ça sera le seul. Je n’aime pas le format, je préfère le bon vieux format de la bd franco-belge, genre A4 ou 24×32. A part ça ? Euh ben franchement j’ai A-DO-RÉ !!! Que ceux qui connaissent déjà Pedrosa lèvent la main ? Oui je vois Shifue au fond, près du radiateur qui connait à travers Shaolin Moussaka. Eh bien ça n’a rien à voir, terminée la déconne, finie la dérision. Ici les 3 ombres sont une métaphore de la mort annoncée du petit garçon, c’est triste et c’est une magnifique histoire. Je dois bien dire que je n’avais pas remarqué cette bd, à cause du format une fois de plus, c’est mon vendeur de bds d’occaz qui me l’a conseillée lors de l’achat de la série Ring Circus. Me demandant si j’aimais Pedrosa il m’a mis ce petit bijou dans les mains. La mort annoncée d’un enfant doit être une tragédie indescriptible pour tout parent. Personnellement je me suis mis à la place de ce papa qui fait tout pour échapper au destin, j’imagine ma petite Lolotte en pareil cas et ça me serre le cœur. J’ai découvert un dessin et des textes chargés d’une grande poésie, et de beaucoup d’émotion, c’est émouvant et fort ! Le parti pris de faire du noir et blanc donne une dimension supplémentaire à ce drame. En refermant ce livre je n’ai pas pris tout à fait la mesure de ce qui s’était passé, certainement à cause de la fatigue et de l’appel de Morphée qui m’attendait les bras croisés en tapant du pied. C’est ce matin en y repensant que je me suis rendu compte de ce que j’avais lu, de la profondeur de ces 268 planches. Quoi qu’il en soit je ne tiens pas ici à vous dévoiler la fin mais elle est à la mesure du reste en refermant le récit sur cette belle phrase : « Dans ce paysage de printemps, il n’y a ni meilleur ni pire. Les branches des fleurs poussent naturellement. Certaines sont longues, certaines sont courtes. »

Note : 5/5

Doy.

O’Boys

Tome 1 & 2 – P. Thirault, S. Cuzor – Dargaud – 2009 – 63 & 54 planches

Huck Finn est un jeune garçon blanc qui n’est pas né sous une bonne étoile. Sa mère est morte, son père ivrogne le bat et son frère Tom alias ‘snake’ vient de se noyer devant ses yeux en essayant de s’enfuir loin de la maison familiale. Le jeune garçon va faire la connaissance de Charley Williams, un jeune homme noir, fou de blues mais qui ne connait rien à la musique.  Ensemble, ils vont parcourir le pays à la recherche de jours meilleurs alors qu’ils sont poursuivis par la police. Enfin, c’est Charley qui est poursuivi : pour le meurtre de Huck…
Ca faisait bien longtemps que j’avais envie de la lire cette bd. D’abord et avant tout ce sont les couvertures qui m’ont plu, immédiatement mon oeil a été attiré par la belle couleur du tome 1. Ensuite j’ai eu pendant plusieurs semaines le tome 2 en stock, sans trouver le 1, dur dur. J’ai craqué et je l’ai acheté neuf à la fnac, enfin je pouvais me lancer dans cette aventure ‘hoboesque’. C’est en fouillant un peu que je me suis rendu compte que cette série ne comportait pas 2 mais 3 tomes, et que malheureusement le dernier sortirait courant 2011. Glurps !!!  Mais l’histoire ça donne quoi au final me direz-vous ? Bonne question, c’est pour ça que je suis ici et pas pour vous donner la recette du kouign aman ! Alors prenez 500g de beurre demi-sel, 500g de farine et 500g de sucre… Plus sérieusement, revenons à nos brebis égarées, le duo Huck et Charley. Tout d’abord le dessin qui m’avait tant plu sur les couv m’a moins convaincu sur les planches. Je ne dis pas qu’il est mal fait, je dirais plutôt qu’il ne se prête pas totalement à l’histoire, allez savoir pourquoi, c’est en tout cas le ressenti que j’en ai eu. L’histoire quant à elle mériterait selon moi un traitement plus en profondeur, j’ai le sentiment qu’on survole beaucoup d’événements sans vraiment vouloir y entrer. Peut-être qu’il faut lire O’boys comme une ballade au fond, je ne sais pas. Ce qui me semble étrange c’est que sur ce coup là j’ai l’impression de nager à contre-courant, en lisant les chroniques du net je me rends compte que ces albums ont été très bien reçus par la critique, alors que moi j’ai pas réussi à accrocher le wagon…

Note : 3/5

Doy.

Un regard par dessus l’épaule

P. Paquet – 2010 – Paquet – 96 planches

Pepeto, plus communément appelé Pépé, rentre de l’école et il a des idées en tête. Il va acheter des pétards et faire les bêtises qu’on peut attendre d’un garçon de 11 ans. Alors qu’il rentre chez lui et s’apprête à aller dans sa chambre un phénomène étrange se produit, et le jeune Pépé se retrouve prisonnier des murs du salon. Il appelle sa maman qui ne l’entend  pas, il est livré à lui même, il ne lui reste plus qu’à chercher la sortie. Pour ce faire il va passer de brique en brique, chacune d’elles étant un monde à part entière. Un étrange voyage commence.
Maintenant que les présentations sont faites, je vais pouvoir vous dire ce que je pense de cette bd. D’abord et avant toute chose, ce que Shifue et moi avons aimé c’est la couverture, ce magnifique dessin plein de poésie. C’est en y regardant d’un peu plus près que j’ai remarqué l’univers du dessinateur, Tony Sandoval. Ses dessins ne laissent à mon avis pas indifférent, on aime ou on n’aime pas, il n’y a pas de demi mesure selon moi. Bon perso j’aime beaucoup les traits de ce mexicain, ses couleurs, cet univers qui lui est propre. Ajoutez à ça un scénario original du taulier (Pierre Paquet est l’éditeur des éditions Paquet, cqfd) et vous obtenez un one-shot en dehors des clous. Seulement il faut y rentrer dans cette histoire, dans ce monde onirique – qui n’est pas sans faire penser à Alice au pays des merveilles – dans lequel le petit garçon navigue à la recherche de la sortie. J’avoue qu’en avançant dans cette bd je me demandais où cela allait me mener, comment l’histoire pouvait-elle se terminer ? Eh bien je peux juste dire que je n’ai pas du tout aimé la fin, la chute, certes propice à une relecture (qui devrait amener son lot de réponses à toutes les questions qu’on se pose). Selon moi ce qui sauve cette bd c’est la beauté des planches, pour le reste je n’ai pas adhéré. Je pense quand même le relire un de ces quatre, peut-être mon jugement aura-t-il évolué, ou pas !

Note : 2/5

Doy.

Chagrin d’école

Daniel Pennac – 2007 – Gallimard – 304 pages

Ce livre n’est pas un roman, il retrace en fait l’histoire d’un cancre (ancien cancre), celle de Daniel Pennac, auteur connu et reconnu de son état. Eh oui Pennac était un cancre qui a mis un an à apprendre la lettre A, ça promettait pour les 26 années suivantes. Il nous parle d’abord de sa ‘cancrerie’, difficilement vécue avec un père polytechnicien, deux frères ingénieurs et un autre officier, dans un environnement pourtant propice à l’apprentissage. Il nous dresse ensuite le portrait des élèves qu’il a pu avoir au cours de sa carrière, ces élèves perdus, en manque de bases et de cadrage. Tout cela sur un fond de consommation, avec ces marques omniprésentes dans les têtes des jeunes de maintenant.
Daniel Pennac c’était pour moi, avant tout, le papa de la saga Malaucène. J’ai passé quelques heures en compagnie des ses personnages hauts en couleurs, au cœur de ses histoires rocambolesques. J’ai découvert il y a peu la bd collaborative avec le talentueux Tardi qui renvoie très clairement au style Pennac. La rencontre avec l’auteur en tant qu’homme, avec sa vie d’enfant et ensuite sa vie d’adulte, de prof, m’a permis de mieux le connaitre et je dois dire que je n’ai pas été déçu. J’ai aussi regardé ce que j’ai trouvé sur le net à propos de ce livre, j’y ai trouvé cet extrait du livre, lu par l’auteur lui même, avec cette voix douce, calme, apaisante, rassurante. Et là je me dis que j’aurais tant aimé rencontrer un prof comme celui là, qui m’aurait expliqué les bienfaits de la grammaire, de la lecture, bien avant que je ne les découvre par moi même, une fois qu’on ne m’y obligeait plus. Toutes ces pages sont empreintes d’une profonde humanité, d’une envie d’aider son prochain en se posant de vraies questions. Non ce n’est pas juste un livre qui dit haut et fort ‘Regardez moi j’étais un cancre et j’ai pourtant réussi’, ce n’est pas non plus un livre qui dit ‘Les fautifs sont les parents démissionnaires’ ou ‘L’éducation nationale a failli’. Ce n’est pas un livre à charge, c’est juste un ouvrage qui dresse un constat, il y a beaucoup de cancres sur les bancs de l’école mais au gré d’une rencontre ils peuvent pourtant être sauvés, du moins une majorité.
Bref un gros coup de cœur pour ce livre que je relirai fréquemment pour surtout ne pas l’oublier.

Note : 5/5

Doy.