C’est la rentrée…

lecturesete2016blogAu risque de sembler opportuniste, mais sans vouloir aucunement voler la vedette à mon cher et tendre Doy qui a initié le premier son retour sur notre modeste blog, j’ai souhaité lui emboîter le pas sans trop tarder. Voilà donc, c’est chose faite !
Il sait à quel point et pour quelles raisons je suis heureuse de le voir « de retour » ici. Non pas que j’attendais qu’il le fasse, campée en mode boudeur genre « s’il n’y va pas, je n’y vais pas non plus », pour ensuite moi-même faire mon come-back l’air de rien. Je peux avoir parfois ce travers, qui veut que je me fais un point d’honneur à m’en tenir à des principes qui ne valent bien sûr que pour moi… Mais non, que nenni, ce blog a toujours été un espace de liberté pour nous deux, donc il n’y a pas de raisons que ça change ! La raison principale de cette absence, comme Doy l’a si bien expliqué, tient essentiellement aux nombreuses et/ou belles choses qui se sont passées durant ces longs mois et qui dans un sens, fort logiquement, font que l’on ne peut pas en même temps « être au four et au moulin ».
Petite digression, déjà – oui, je sais, je suis un peu spécialiste du genre, je connais mes défauts, mais je travaille à les corriger, si, si, je ne mens pas… – au sujet de l’emploi de proverbes : j’avais inauguré une catégorie d’articles sur notre blog, intitulée « Citations » et baptisée aussi « Isabellades », en référence à ma chef de l’époque qui, bien qu’ayant fait les « meilleures études » du monde (je vous laisse mettre entre les guillemets la discipline qui vous siéra le plus, en l’occurrence pour mon ex-chef il s’agissait d’études littéraires…) maniait – et manie sans doute toujours, mais aujourd’hui je ne suis plus en capacité de le vérifier – la langue française avec parfois une approximation certaine. Tout ça pour dire, donc, que je compte bien alimenter cette catégorie à nouveau en reprenant l’écriture d’articles de ce type même si, comme je viens de le dire, ma principale source s’est tarie depuis. Il va falloir que je fasse oeuvre de perspicacité pour trouver dans mon entourage, professionnel ou non, d’autres fournisseurs officiels d’expressions « mal-t’-à-propos » si je veux pérenniser cette catégorie. Malheureusement, mon nouveau chef est beaucoup moins porté sur l’approximation. Damned !
L’envie qui me titille en revenant ici est au fond la même que mon mari adoré (eh oui, encore une belle chose intervenue au cours de cette période d’abstinence…) : laisser une trace, avant tout pour moi et pour lui – oui, je sais, c’est pas beau de se faire passer en premier, mais là il s’agit aussi de mémoire personnelle, et notamment de garder le souvenir de mes propres lectures, petite tête de moineau que je suis, surtout en ce moment. Car, l’âge aidant, les impressions ont tendance à s’effacer aussitôt le livre refermé. Et ce afin, ensuite, de les partager (avec lui bien sûr et avant tout, mais ça nous le faisons aussi en dehors de ce blog, heureusement) avec vous autres qui nous suivez, et je vous en remercie très sincèrement… Snif, vous me tireriez presque une larme…
Donc à mon tour de vous parler de mes lectures de l’été qui apparaissent sur la photo (je vous demande par avance de m’excuser pour la qualité douteuse de celle-ci, prise pourtant avec soin grâce à un objet hautement technologique siglé d’un logo fruité, qui s’avère une fois instagramisée particulièrement pourrie. Non, pas la pomme, la photo ! Vous suivez vraiment pas, hein !?! Oups… J’ai dit une connerie ?…). A ce propos, deux remarques en forme là encore de digression, désolée. La première : il manque sur cette photo un roman de Murakami que j’ai bel et bien lu cet été et sur lequel je reviendrai plus bas. La raison est qu’après quelques recherches, certes rapides, je ne l’ai pas retrouvé sur nos étagères de bibliothèque. Donc, mon chéri, nos prochains aménagements deviennent plus que nécessaires, ça se confirme… La seconde : Doy a beau dire : « c’est pas moi le plus intelligent de nous deux », « tu lis beaucoup plus que moi », etc etc…, eh bien j’ai maintenant la preuve qu’il aura lu cet été plus que moi, et ça, ça me fait plaisir ! En ce qui concerne l’intelligence… « Non, pas taper » : c’est comme ça que tu dis ?
Mais je m’aperçois que ce que je viens d’écrire est déjà bien long et qu’en continuant ainsi je risque de vous ennuyer et de vous faire rebrousser chemin. Je vais donc tenter l’impossible pour moi, qui parfois ne sait pas couper court lorsqu’il le faudrait, en n’écrivant que quelques lignes sur chacun des six romans lus en 1 mois et demi d’un temps à la fois long et court… Mais je m’égare là…
Les heures silencieuses de Gaëlle Josse, tout d’abord. Roman prêté par une copine – à qui je dois d’ailleurs le rendre… – dont le titre est particulièrement bien porté : lu en 2-3 heures, aussi silencieuses donc que le veut son titre, un jour que je préfère oublier. Ce roman restera néanmoins dans mon souvenir un très beau portrait de femme, éprise de liberté malgré les convenances et les raideurs de la haute bourgeoisie hollandaise du XVII ème siècle à laquelle elle appartient. Un destin à la fois bouleversant et empreint de courage et d’abnégation. J’en recommande la lecture !
Les amants du Spoutnik d’Haruki Murakami. L’un de mes auteurs préférés, et ça ne date pas d’aujourd’hui puisque j’en parlais déjà dans ma présentation il y a six ans, preuve que je ne mens jamais, hé hé ! Une histoire d’amour triangulaire, donc impossible, comme Murakami en a le secret. Tout cela dans un espace-temps teinté d’étrange, d’onirisme, où le vrai et le faux, le réel et l’irréel, se mêlent sans cesse. Beaucoup aimé, m’a fait oublier les déceptions ressenties à propos de deux de ses romans les plus récents, sur lesquels je n’ai d’ailleurs pas posté : 1Q84 et L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage.
Une journée d’Ivan Denissovitch d’Alexandre Soljénitsyne. En l’occurrence, ça s’appelle une séance de rattrapage, ce genre de lecture ! Un incontournable de la littérature classique contemporaine. Une écriture poignante pour une histoire dure et bouleversante : celle de Choukov, bagnard dans un camp de travail de l’ex-Empire soviétique, que l’on suit tout au long d’une interminable journée. L’homme est-il encore un homme dans de telles circonstances ? Que lui reste t-il lorsqu’il n’a plus d’autre espoir, à l’issue d’une journée de travail éreintante dans le froid sibérien, que de manger au dîner une ration de « soupe » supplémentaire, chèrement gagnée parce qu’il a fini avec le temps par comprendre comment fonctionne le système entre détenus ? Un roman « philosophique » qui interroge sur le sens de la vie, l’honneur, l’humanité.
Mon très cher amour de Françoise Giroud. Un bon moment de lecture, une écriture fluide qui ne lâche pas son lecteur en l’amenant là où elle veut, jusqu’à cette chute à laquelle il est difficile de s’attendre. L’histoire d’un amour dont on sait dès le départ qu’il ne se terminera pas en happy end. Nous avons acheté récemment sur une broc On ne peut pas être heureux tout le temps, que je lirai sans doute prochainement.
Questions à mon père d’Eric Fottorino. Un beau livre, autobiographique, sur la relation entre un fils et son « père ». Père biologique en réalité, longtemps nié et rejeté par ce fils qui croyait qu’il les avait abandonnés, sa mère et lui. Un père qu’il s’est longtemps interdit d’aimer, notamment du fait de la présence de son autre père, le « vrai », celui qui lui a donné son nom et l’a reconnu. Il découvrira avec le temps, alors que la maladie est installée, qu’elle menace de les séparer à nouveau et de rompre le dialogue enfin restauré, que la vie n’a pas toujours souri à cet homme, notamment du fait de ses origines juives. Une belle histoire d’amour filial.
Les évaporés de Thomas B. Reverdy. Last but not least, le dernier livre lu, refermé pas plus tard qu’aujourd’hui.  L’un des vendeurs de la broc précédemment évoquée – sur laquelle nous avons fait une véritable razzia sur les bouquins pour une somme totalement dérisoire : environ 30 pour autant d’euros ou à peine plus… – nous en avait dit beaucoup de bien. Et je confirme. Ce roman-fiction – l’auteur explique dans une postface qu’il s’est inspiré de faits réels, durant un séjour au Japon, et met en scène un poète qui existe bel et bien et porte le même nom que l’un des personnages – est écrit d’une belle plume. L’histoire mêle les destins de quatre personnages qui, peu après la catastrophe de Fukushima, sont en quête : un détective privé américain et celle qu’il aime encore, une Japonaise, à la recherche du père de celle-ci – un « évaporé », comme la société japonaise nomme ceux qui, du jour au lendemain, quittent tout sans espoir de retour, car l’honneur ainsi perdu leur interdit de réintégrer leur ancienne vie ; l’évaporé en question, à la recherche de la vérité ; un adolescent, à la recherche de ses parents après le tsunami. La fin m’a particulièrement plu. Un auteur que je compte suivre…

Et me voilà arrivée au terme de ce premier post de retour sur notre blog. Je vous dis à très bientôt donc, puisque comme mon amoureux vous l’a dit, plus on lit, plus on a envie de lire, alors… Et ça marche aussi pour plein d’autres choses, et pas que la bière, na !     


 

Je reviendrai avec la pluie

je-reviendrai-avec-la-pluie-787172Takuji Ichikawa – Flammarion, 2012 

Quel jour mieux choisi qu’un jour de pluie pour renouer avec notre blog, après des semaines d’absence ? A fortiori, et comme un fait exprès, pour vous parler d’un véritable coup de coeur pour un roman au titre évocateur, et en l’espèce totalement approprié : « Je reviendrai avec la pluie » ? Oui, je sais, c’était facile. Mais encore fallait-il y penser… Eh bien, fatalité de la météo oblige – celle-ci se faisant assez capricieuse en ce mois de mars réputé pour l’être – c’est sous un soleil radieux et printanier que j’écris ces quelques lignes.
Nous nous devions en effet de rassurer nos trèèèès nombreux lecteurs (en particulier la Tribu d’Anaximandre
), désespérés de ne plus nous voir par ici. Oui, je plaisante bien sûr, et vous le savez bien.
Là où
je ne plaisante pas, en revanche, c’est au sujet du coup de coeur qui est le mien pour ce roman paru au Japon en 2006, où il a dépassé la barre du million d’exemplaires vendus. Ne sachant trop à quoi m’attendre en commençant sa lecture, je me suis laissée prendre petit à petit par l’histoire et le caractère « fantastique » (au sens de surnaturel) des évènements racontés par le narrateur, qui n’est autre que le principal protagoniste du livre. Le sujet de départ, peu gai comme vous allez le comprendre, pouvait pourtant sembler peu original : Takumi et Yuji, un père et son jeune fils de 6 ans, se retrouvent seuls et désemparés après le décès de leur femme et mère, Aio. Pour aider Yuji à surmonter son chagrin et cette absence irremplaçable, Takumi invente la planète Archive (appelée « Archevie » par Yuji, dans un lapsus assez révélateur), sur laquelle Aio habiterait désormais en compagnie de tous les défunts. Un au-delà imaginaire mais qui possèderait une existence bien réelle en sorte. C’est d’ailleurs pour cette raison là que Takumi s’attache chaque jour à donner à Archive une physionomie et des qualités propres au gré des questions de Yuji, lui permettant ainsi de donner un peu de sens à cette perte absurde. Ce que Takumi passe sous silence en revanche, sans doute pour ne pas dévoiler un secret qui pourrait être éventé et compromettre sa concrétisation (si l’on peut dire les choses ainsi…), c’est que Aio lui a promis à la veille de sa mort qu’elle reviendrait au début de la saison des pluies afin de s’assurer que tous les deux s’en sortent bien, malgré tout. En dépit du caractère irrationnel de cette promesse, Takumi est convaincu qu’Aio apparaîtra bel et bien dès les premières gouttes de pluie tombées. Et en effet, la prophétie s’accomplit bientôt. N’osant d’abord y croire, l’enfant hésite à approcher de sa mère, qui vient d’apparaître dans cet endroit précis du bois où ils avaient l’habitude d’aller se promener tous les trois. Petit à petit les deux hommes font le premier pas en direction de cette femme qui semble ne pas comprendre ce qu’elle fait là.  Car Aio est devenu amnésique. Il va donc lui falloir faire connaissance à nouveau avec ce jeune fils, et ce mari si particulier (on comprend mieux pourquoi au fil de la lecture), et réapprendre tout ce qui faisait son quotidien. Serait ce le point de départ d’une nouvelle vie pour cette famille de nouveau réunie ? Et d’une nouvelle histoire d’amour pour ce couple ?
Dès les premières lignes, j’ai été séduite et captée à la fois par l’histoire et le style de la narration, fluide et d’une grande simplicité, mais néanmoins non dépourvu de poésie. Mais, et c’est peut-être ce qui fait que j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman, c’est une très belle histoire d’amour qui nous est racontée ici, et celle-ci m’a profondément touchée et émue. Car si l’on se doute de l’issue de ces retrouvailles, le roman ne sombre à aucun moment dans la mièvrerie. Bien au contraire, il va directement au coeur du lecteur et interroge sur le sens profond de l’amour qui anime, qui fait vivre, qui pousse celui qui aime et celui qui est aimé à aller au-delà de ses propres capacités et limites. Bref, c’est un livre qui fait du bien, même s’il n’est pas dépourvu de mélancolie. Pour toutes ces raisons, je vous en recommande la lecture : par temps de pluie bien au chaud sous la couette, ou au contraire au soleil du printemps, étendu(e) dans l’herbe…

Ombre japonaise

Reflet Carpe Koi Fleur Ombre Japon Chine Poisson MareEOS 400D, EF-S 18-55 f3.5-5.6, ISO 800 1/500s f5.6

Autre lieu, autre ambiance. Pour mon anniversaire, mon amoureux m’a emmenée dans un très bel endroit, à la frontière des Cévennes. Nous avons profité d’être à proximité d’Anduze pour aller faire un tour à la Bambouseraie, un endroit que nous aimons particulièrement. Nous en avons d’ailleurs rapporté pleins de photos que nous aurons probablement l’occasion de mettre en ligne sur ce blog…
Cet endroit très « zen » du parc, où l’on trouve de magnifiques bonsaïs (notamment de ginkgo biloba, arbre cher à Doy), nous a retenu quelque temps.
Pour ma part, j’ai beaucoup aimé les reflets des fleurs sur la mare dans laquelle les carpes koï se mouvaient lentement au fil de l’eau.

Corto Maltese : la jeunesse

Corto Maltese, la jeunesse – Hugo Pratt – Casterman – 95 pages

J’ai mis un pied dans l’univers de Corto Maltese lorsque je suis allée voir l’expo « Le Voyage imaginaire d’Hugo Pratt«  à la Pinacothèque de Paris en juillet 2011. Je n’ai pas eu l’occasion de faire un post sur cette expo à l’époque, mais elle valait pourtant vraiment le détour. C’est à cette occasion, donc, que je pense avoir ressenti l’envie de me plonger dans l’aventure Corto qui m’avait déjà tentée plus jeune. Ces derniers mois j’ai donc commencé à acheter, un par un, les albums qui composent la série. Les puristes me jetteront sans doute la pierre car la bibliothèque que je suis en train de me constituer comporte des albums d’éditions et de collections différentes. Mais tant pis, moi ça me va comme ça !
Ce premier album, qui permet de faire la connaissance de Corto avant qu’il ne devienne le marin aventurier que tout un chacun connaît, ne lui fait pourtant pas vraiment la part belle. En effet, il n’y apparait qu’à la toute fin et joue un rôle totalement secondaire en comparaison des deux personnages centraux que sont Jack London et Raspoutine, pris dans la guerre russo-japonaise. Pourtant, on sent que le jeune et beau Corto, un brin mystérieux, va prendre de l’épaisseur. ‘La jeunesse’ n’est en fait qu’un prétexte pour apercevoir Corto et ressentir l’envie d’en savoir plus sur son compte. A très vite, donc, pour La Ballade de la mer salée…

Note : 5/5.

Shifue

Okko

Tomes 1 à 6 – Hub – Delcourt

Cycle de l’eau – 2005 & 2006 – 2 x 46 planches

L’histoire commence dans l’empire du Pajan, en 1108. Le pays est à feu et à sang, les clans majeurs se livrent des batailles sanglantes pour accéder au pouvoir. Loin de ces luttes fratricides un rônin sans maitre du nom de Okko est le chef d’un groupe de chasseurs de démons. Lors de ses nombreuses aventures Okko est secondé par un géant au masque rouge nommé Naburo et d’un petit moine légèrement alcoolique répondant au nom de Noshin. Tikku, un jeune garçon engage le groupe de mercenaires pour retrouver sa sœur Petite Carpe, – jeune geisha – qui s’est faite enlever par un groupe de pirates. Pour ce faire, le jeune Tikku offre sa vie à Okko et sera à ses ordres durant toute son existence. C’est ainsi que les 4 hommes se mettent en quête d’indices leur permettant de retrouver la jeune femme.

Cycle de la terre – 2007 & 2008 – 46 et 54 planches

Dans ce deuxième cycle nous retrouvons les protagonistes précédents, le chef Okko, le géant Naburo, le moine Noshin et le jeune moinillon Tikku. L’histoire débute à la passe de Betten, un endroit que connait bien Tikku. Alors qu’il est désormais un vieux moine assisté à son tour d’un jeune disciple, des souvenirs douloureux lui reviennent quand l’aubergiste refuse de les accueillir pour la nuit. Plusieurs années avant cela, l’endroit n’était pas aussi délabré et déjà Okko et ses compagnons cherchaient un endroit pour se reposer. L’équipe se retrouva en ces lieux car une fois de plus ils étaient à la chasse aux démons – et de sérieux prétendants – qui avaient d’ailleurs considérablement amoindri le colosse Naburo grâce à leur grand pouvoir. Okko se voyait contraint de frapper aux portes des 7 monastères pour demander si les moines connaissaient des sorciers qui avaient un corbeau comme blason.

Cycle de l’air – 2009 & 2010 – 2 x 46 planches

Dans ce troisième cycle Okko et ses hommes sont appelés auprès de dame Mayudama. Depuis plusieurs semaines sa fille est enfermée dans un profond mutisme, elle ne parle plus, ne mange plus, ne dort plus. Les plus grands médecins ont pourtant tenté ce qu’ils pouvaient mais en vain. Noshin, le moine rigolo alcoolo fait de son mieux pour trouver l’origine de ces maux. Pendant ce temps la région voit arriver un guerrier étrange qui semble vouloir en découdre avec Okko et ses hommes. Il s’agit du plus grand chasseur de démons de tout l’empire et malheureusement il en veut à Naburo prétextant ses origines mais Okko ne le voit pas de cet oeil, le duel est inéluctable.

Trois cycles, six tomes, ça passe vite, très vite, trop vite. La série Okko est d’une redoutable efficacité, on s’engouffre et on est happé. Les tomes 3 et 5 attendaient patiemment dans ma bibliothèque que ses petits frères les rejoignent, je n’allais tout de même pas commencer l’histoire par le milieu. Une collègue de boulot m’a gentiment proposé de me prêter tous les albums, j’ai accepté, il faut bien rendre service parfois et je ne me sentais pas le cœur de lui refuser cette faveur 🙂 Bon me voilà en possession des 6 tomes jusque là sortis – à terme il y en aura 10 soit 5 cycles – et je n’ai plus qu’à m’y mettre. Le moins que l’on puisse dire c’est que le tome 1 accroche le badaud. Pourquoi me direz vous ? Parce que c’est brillant tout simplement. Les dessins et planches sont somptueuses, c’est parfaitement maitrisé de bout en bout. Les scènes de combat sont dynamiques, on ressent les mouvements fluides et rapides qui fendent l’air. Les couleurs sont très soutenues, saturées et les pages brillantes renforcent encore ces effets. Le scénario quant à lui est maitrisé de main de maitre, chaque cycle étant basé sur des souvenirs de Tikku devenu vieux. Cette astuce de flask-back utilisée fréquemment au cinéma sert ici l’histoire. On retrouve à chaque aventure le moinillon devenu vieux, analysant les faits du passé avec la sagesse du présent. Si je devais toutefois émettre un tout petit bémol ce serait pour le tome 3 où l’on est baladé de monastère en monastère, 7 fois de suite. C’est le seul moment où selon moi il a manqué de dynamisme à cette histoire qui reste néanmoins une très belle réalisation.

Note : 5/5

Doy.

Zobo et les fleurs de vie

Tome 1 ‘Sakura’ – Nie Jun – 2010 – Paquet – 48 planches

Voici encore un exemple de BD à la frontière entre bande-dessinée et littérature jeunesse. Ryoko est une jeune lycéenne de Kyoto rejetée par les filles de son âge, sans doute parce qu’elle est jolie, qu’elle écrit des poèmes et qu’elle est orpheline. Un jour, en rentrant chez son grand-père, elle découvre un pantin dans un magasin qui a un trou en forme de coeur au milieu de la poitrine et qui a l’air triste. Elle y dépose une branche de cerisier (‘sakura’) qu’elle vient de ramasser dans l’eau. Alors, le pantin, Zobo, semble retrouver une certaine gaieté. C’est alors qu’un homme entre dans la boutique pour acheter le pantin, et l’offrir à un garçon que Ryoko reconnaît : Doku, un nouveau dans sa classe, qui arrive droit de Tokyo.
Je n’en raconterai pas plus, mais je dirai quand même que le scénario est assez simple, voire simpliste. Il s’agit là d’une histoire d’amour et du passage à l’âge adulte. En fait, ce qui fait le charme de cet album, ce sont bel et bien les dessins, de magnifiques aquarelles aux somptueuses couleurs réalisées par Nie Jun (qui n’est pas japonais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais chinois). Un style auquel je suis particulièrement sensible. Ah, et puis, j’allais oublier ! Mais où ai-je la tête ?!? Les deux amoureux s’enfuient en vespa ! Que demande le peuple ?

Note : 4/5

Shifue.