L’argent roi

Maître Monde Argent Capitalisme Dictature ReligionEOS 400D, EF-S 18-55 f3.5/5.6, ISO400, 1/200s, f5.0

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Le Malka des lions

Le chat du rabbin, tome 2 Joann Sfar – Dargaud – 2002 – 46 planches

Même s’il n’était pas en super état, j’ai profité de l’occasion pour acheter – d’occaz’ – le 2ème tome du ‘Chat’, car je voulais depuis un petit moment lire la suite des événements de cette bébête pas ordinaire.
Mes impressions ? Comme pour le premier tome, une lecture divertissante, mais je ne peux pas dire que je sois complètement addict des aventures du félin à la langue bien pendue. Enfin, bien pendue, pas ici car le Chat est devenu muet après avoir prononcé le nom normalement imprononçable de Dieu. Châtiment ou perte momentanée de la parole ? Je pense que la réponse se trouve dans le tome suivant, que je n’ai pas encore… A suivre, donc.
Si je devais conclure, je dirais donc que cette série est intéressante au moins pour les questions qu’elle pose sur la religion, la place qu’elle occupe dans la société, dans le quotidien des croyants et des non croyants, etc… Maintenant, j’attends de voir les aventures du ‘Chat’  sur grand écran, dans moins d’un mois a priori, pour pouvoir rédiger un post ici même.

Note : 4/5

Shifue.

Le Scorpion – Tomes 8 & 9

Tomes 8 & 9 – S Desberg, E Marini – 2008 & 2010 – Dargaud – 2 x 46 planches


Suite des aventures d’Armando Catalano ou du Scorpion si vous préférez. Nous le retrouvons aux mains du Pape sanguinaire, qui est sur le point de l’exécuter dans d’atroces souffrances. Heureusement il ne s’agit que d’hallucinations, Trebaldi voit le scorpion partout, surtout quand il assiste à une séance de torture menant à la mort. Mais il s’agit pourtant d’un pauvre bougre, pas de l’homme qu’il hait tant. Un duel s’est engagé entre les deux hommes, Trebaldi cherchant absolument à tuer cet homme marqué par le diable alors que le scorpion cherche la vérité sur son passé et seul le nouveau Pape sait quelque chose. Mais la lassitude guette notre héros qui pense même partir loin de Rome, au bras de Mejaï, dont il est amoureux. C’est sans compter sur le retour de Marie-Ange de Sarlat, le premier amour d’Armando, qui veut l’aider à voler l’or destiné à Trébaldi. Mais le Pape n’est pas dupe et voit ce qui se trame…
Comme j’étais dans le trip Scorpion je me devais de lire les 2 derniers tomes disponibles, et rapidement. C’est chose faite et le moins que l’on puisse dire c’est que Desberg aime les rebondissements, on en apprend à toutes les pages, les traitrises vont bon train, les morts surgissent du passé et l’enquête qui devrait mener le Scorpion à la vérité avance. Bon il faut bien dire que c’est le but : mettre le lecteur en haleine et donc l’inciter à attendre la bave aux lèvres la sortie du prochain tome. C’est mal ce que vous faites messieurs les auteurs. Le dessin est toujours admirablement réalisé, c’est un magnifique travail. D’ailleurs les amateurs ne s’y trompent pas et on comprend pourquoi les planches originales sont si chères, comptez 3 à 4000€. Quant à la couverture du tome 9, elle est disponible si vous la souhaitez, pour la modique somme de 25 000 roubles, euh euros… Je l’ai toujours dit mais maintenant c’est décidé je le fais : quand je serai grand je serai riche. Quoi qu’il en soit c’est assez marrant de se sentir au cœur de l’aventure, ces albums ne manquent pas de punch, on se sent happé par l’action et on saute de toit en toit tels Méjaï, le Hussard et le Scorpion à la recherche de la vérité.

Note : 5/5

Doy.

Blanche

1 – L’île de solitude – Thierry Chavant, Delf – Delcourt – 2009 – 46 planches

Blanche est une jeune fille de 19 ans qui, à peine sortie du couvent, est mariée à Monsieur Antoine du Beau-Près, 50 ans, qu’elle voit pour la première fois. Un mariage qui sert les intérêts de son père et qui lui est présenté comme une chance inouïe pour elle, compte tenu de son handicap : elle ne voit pas les couleurs. Aussitôt l’union célébrée son époux repart et on l’emmène dans la propriété familiale des Beau-Près, très loin, ‘sur une île au large des côtes, une terre froide et dure, isolée’. Blanche va petit à petit faire la connaissance des personnes qui formeront son entourage : le Père André, son tuteur, les gens de maison, mais aussi un cercle de femmes de notables de l’île qui, autour du thé, vont lui apprendre les convenances, et notamment comment doit se comporter une épouse et maîtresse de maison. Et puis il y a Toumaï, un jeune esclave noir que Monsieur du Beau-Près a ramené d’un voyage dans les Caraïbes.
‘Blanche’ : le titre de cette série n’est pas dû au hasard. Il est en effet beaucoup question de couleurs dans cette BD : le prénom de l’héroïne, son handicap, la couleur de peau de Toumaï, qui n’est d’ailleurs pas un problème pour Blanche qui le voit comme les autres hommes… Il est également question d’hypocrisie : le mariage arrangé de Blanche ; les agissements du père André, dont le comportement est loin du discours moralisateur qu’il fait passer dans ses sermons ; ce groupe de femmes, que Blanche redoute plus que tout, qui sous couvert d’amitié contrôle ses moindres faits et gestes. Le scénario est intéressant, l’histoire se lit
facilement et on a envie de voir comment Blanche va réussir à s’émanciper face à cet entourage malfaisant. Et puis l’on veut savoir comment va évoluer la relation qu’elle entretient avec Toumaï qui, en raison de sa couleur de peau, est considéré par tous comme un sous-homme, mais dont elle se sent plus proche que de n’importe qui d’autre. Sans doute parce qu’ils souffrent de l’exil, de la solitude, mais aussi du racisme des habitants de l’île auxquels ils ne ressemblent ni l’un ni l’autre. Le dessin maintenant : je ne suis pas convaincue à 100%, certains visages sont parfois négligés, mais certaines planches sont très belles et le trait semble quand même assuré. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que cette série démarrait bien, avec un bon rythme. Je vais donc très vite aller en librairie acheter le 2è tome qui vient juste de sortir pour lire la suite des aventures de Blanche et Toumaï.

Note : 4/5 (24/9/2010)

2 – Toumaï, les savanes féroces – Thierry Chavant, Delf – Delcourt – 2010 – 46 planches

Non, vous ne rêvez pas ! Je suis bien allée en librairie, et ‘très vite’, pour acheter le 2ème tome de ‘Blanche’. Ben oui, je ne pouvais décemment pas en rester là des aventures de la jeune héroïne et de Toumaï, et puis j’ai un petit côté fleur bleue parfois, alors… Bon, alors comment évolue cette l’histoire ? En fait, nos deux amoureux, sitôt qu’ils foulent la terre africaine, se retrouvent séparés : Blanche fait la connaissance, dans de drôles de circonstances, du gouverneur du comptoir qui lui fait comprendre qu’elle a tout intérêt à se montrer ‘gentille’ avec lui si elle ne veut pas qu’il lui arrive malheur ; quant à Toumaï, il vit dans une communauté villageoise qui le rejette et le surnomme le ‘Blanc-Noir’, ni un vrai Blanc, ni un vrai Africain. Mais vous savez comme moi que l’amour est toujours plus fort que tout…
Et alors, quel est mon avis sur ce deuxième tome ? Et bien, je pense que je l’ai encore plus apprécié que le premier ! Je ne sais pas si cela est dû à une plus grande réussite esthétique, et ce même si certains sujets sont encore un peu négligés, je trouve. Mais les planches montrant la savane et ses animaux sauvages sont véritablement magnifiques, et admirablement colorées par Delf. Je crois bien, oui, que mon attirance pour le continent africain et ses paysages a pris le dessus, et j’ai littéralement voyagé en le lisant. Il paraît que la série doit comporter au final 3 tomes : je suis donc cette fois dans l’obligation d’attendre la sortie du prochain opus. Où va
donc nous emmener Thierry Chavant après l’Afrique ? J’ai hâte de le savoir…

Note : 5/5

Shifue.

Robinson Crusoé

Tomes 1 à 3 – Christophe Gaultier – Delcourt – 2007/2008 – 3×46 planches

‘Robinson Crusoé’ de Daniel Defoe. Quelle histoire mes amis ! Qui ne l’a lue ou entendue étant petit(e) ? Qui n’a tremblé au récit du naufrage de Robinson ? Qui n’a éprouvé avec lui ce sentiment d’accablement lorsqu’il réalise, après avoir compris qu’il a survécu, qu’il est complètement seul sur cette île perdue ? Qui n’a partagé sa joie lors de la rencontre avec Vendredi ? Bref, tout le monde a plus ou moins des souvenirs de/avec Robinson Crusoé. D’ailleurs, cette histoire semble faire partie du patrimoine commun de l’humanité. En effet, ne demande t-on pas parfois à son prochain, que l’on souhaite mieux connaître ou comprendre : ‘si tu devais partir sur une île déserte, qu’emporterais-tu ?’ Certes, il y a une différence entre le naufragé et le voyageur solitaire, mais bon…
Mais revenons au sujet principal de ce post qui est la BD de Christophe Gaultier. Je partais donc, compte tenu de ce que je viens d’écrire, avec un a priori positif puisque j’ai découvert cette histoire quand j’étais petite, et que tout ce qui a le goût de l’enfance est savoureux… Alors, il faut bien l’avouer, je n’ai pas été déçue : j’ai dévoré les trois tomes à la suite, j’ai voyagé sur les mers avec Robinson, j’ai souffert avec lui, bref, je me suis laissée embarquer par l’histoire. Le dessin de Gaultier est particulier, les traits appuyés, le style reconnaissable. Les planches de Robinson sont sombres, les couleurs froides, enfin principalement. Il appartient pour moi à la ‘famille’ Sfar, comme j’ai pu en parler dans mes posts précédents, même si les spécialistes de la BD ne m’approuveront peut-être pas… En tout cas, moi, je trouve qu’il y a des similitudes, et comme vous le savez j’aime bien cette ‘famille’ de dessin. Et dans l’ensemble, alors ? Et bien, cela va peut-être vous surprendre, mais je n’ai pas eu de coup de foudre monumental. En effet, je me suis demandé si j’aurais autant apprécié la BD, c’est-à-dire la représentation graphique du récit de Defoe, si je n’avais avant tout adoré l’histoire. C’est pourquoi j’attribue un 4/5 à cette série qui m’a quand même beaucoup plu !  C’est déjà bien 4/5, non ?

Note : 4/5

Shifue.

Le scorpion

Tomes 1 à 7 – S Desberg, E Marini – 2000 à 2006 – Dargaud – 7 x 46 planches


Rome, 18ème siècle. Armando Catalano se fait appeler Le Scorpion, il est connu pour être un trafiquant d’objets d’art mais également pilleur de tombeaux. Il revend toutes ces reliques aux riches romains mais est lui même collectionneur. Il collectionne aussi les conquêtes féminines et toutes se bousculent pour être dans ses bras. Mais le Scorpion est surtout le fils dont la mère a été brulée vive sur le bûcher des sorcières. Une mère qui a été jugée et reconnue coupable  pour avoir pactisée avec le diable en détournant du droit chemin un homme d’église. L’infamie se matérialisant sur le jeune enfant par une marque sur l’épaule, un scorpion : le diable !!! Le cardinal Trebaldy – homme assoiffé de pouvoir et qui deviendra le futur pape – semble en vouloir personnellement à ce Scorpion. Il fait appel à Mejaï, une sublime empoisonneuse égyptienne pour assassiner l’homme à la marque du diable. Bien entendu la tentative de la jeune femme échouera et Armando tentera de comprendre pourquoi on lui en veut autant. Tout se précipitera, le pape en fonction sera assassiné, Trebaldi accédera à la papauté s’entourant de moines guerriers pour semer la terreur dans la ville et les régions voisines. Le Scorpion et ses amis doivent tout tenter pour empêcher Trebaldy d’organiser de nouvelles croisades.


Bien bien bien, le Scorpion donc, cette série que j’ai vu plus d’une fois dans toutes les bonnes boutiques qui vendent des bds. Ce truc inloupable vendu à grands coups de pubs, et la sortie du tome 9 donne le ton. Et bien moi je peux vous dire une chose, je n’étais pas franchement intéressé par cette série. Les couvertures étaient plutôt belles mais je partais avec une idée préconçue qui me disait que tout cela semblait trop commercial, un beau justicier, un méchant cardinal et une jolie rebelle gitane, le pitch parfait… Nous aurions pu en rester là si mon poto Kawax ne m’avait pas dit qu’il avait acheté le dernier tome et 2 ou 3 autres bds. Je me suis d’ailleurs bien foutu de lui (gentiment hein, à base de rire sardonique) en lui disant que c’était pas très bd-indé tout ça et que  ça sentait bon la tête de gondole. Oui, qui aime bien « charrie » bien. De plus il trouve cette série plutôt pas mal. Par ailleurs, mon vendeur préféré de bds d’occas (d’ailleurs je dois aussi être dans ses préférés, de clients, vu les tremblements de ma CB quand je passe à proximité du magasin), ayant rentré un lot de 1000 bds (oui rien que ça, je peux vous dire que j’ai du post en préparation…), il possède les 7 premiers tomes de ladite série. Cerise sur le palto, toutes en EO. Mon sang ne fait qu’un tour et dans la musette la bébette qui pique. Bon revenons à nos moutons comme dirait St Ex, que vaut cette série ? Je dois dire que je me sens un peu con là. Alors que je me la jouais ‘je vais pas tomber dans le panneau’ je me suis plutôt encastré dedans. J’ai beaucoup apprécié cette bd culte. D’abord il y a le scénario de Desberg et attention le monsieur n’en est pas à son coup d’essai, il a à son actif IR$, Black Op ou encore Sienna. Bref le gars est plutôt incontournable dans le milieu. L’histoire tient bien la route et les ingrédients du blockbuster sont présents : une trame historique, de la bagarre avec des capes et des épées, des filles physiquement intelligentes. Coté dessin ça en fout plein nos mirettes ! C’est très très bien fait, Marini possède ses personnages sur le bout des doigts, leurs statures, les moindres expressions de leur visage. Les planches sont vives et éclatantes, les couleurs saturées apportent aux scènes de la vie et du mouvement. Mais ce que j’ai particulièrement aimé dans le travail du dessinateur c’est la profondeur de champ. Les images se regardent comme des photos et on peut admirer l’action se détachant du reste du dessin, c’est remarquablement exécuté et peu nombreux sont ceux qui parviennent à ce résultat. Bref vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette série, on voit venir à des kilomètres certains rebondissements mais à part ça c’est super bien foutu. Il me reste à trouver les tomes 8 & 9 et me délecter des 92 pages restantes…

Note : 5/5

Doy.

Lincoln

Tomes 1 à 6 – O., J. et A.-C. Jouvray – Paquet


Ca y est, enfin ! Je peux enfin comprendre pourquoi Doy est tombé raide fan de cette série qui m’était bien évidemment totalement inconnue, et qu’il a dévorée plus vite que son ombre. En effet, clouée chez moi pour cause de syndrome infectieux – on n’en saura pas plus, merci le corps médical – j’ai donc du temps à revendre et en profite pour bouquiner, flâner, buller, rêvasser… Mais je m’éloigne de mon sujet… Que dire de plus, à propos de Lincoln, que Doy dans ses posts précédents ? D’abord que j’ai adoré moi aussi, en premier lieu pour cet humour si particulier fait d’ironie, de cynisme, toujours bien adapté aux circonstances. Que j’ai aimé suivre cet anti-héros tout au long des six tomes déjà parus, Lincoln étant tout sauf un personnage auquel on penserait pouvoir s’identifier à première vue, bien vu justement ! Que j’ai trouvé excellents les personnages de Dieu et du Diable, qui font leurs petits arrangements et leurs petites combines sur le dos des pauvres mortels que nous sommes… Un petit air de blasphème, mais quand on y réfléchit bien… Et puis, force est de constater que la famille Jouvray est plutôt fortiche pour nous embarquer comme ça sur une série qui jamais ne s’essouffle, c’est suffisamment rare pour le souligner. Bref, j’ai bien ri et je pense moi aussi que je relirai de temps en temps un tome par ci par là, juste pour me remettre en mémoire quelques expressions particulièrement bien trouvées.


Note : 5/5

Shifue.