Les choses

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choses-perecGeorges Perec – 10-18 Julliard – 1965 (tirage 2012) – 170 p.

Le problème quand on commence à relire pour le plaisir* comme c’est mon cas depuis quelques semaines – étant restée un certain temps voire un temps certain sans lire, ou tout du moins sans lire autre chose que des lectures imposées – c’est qu’il y a tellement de romans en tout genre que l’on ne sait plus où donner de la tête. Ce sentiment est renforcé lorsque l’on se trouve en période de rentrée littéraire comme c’est le cas en ce moment, les librairies regorgeant de nouveautés toutes plus attirantes les unes que les autres. Car on a beau lire régulièrement et depuis des années, il y a forcément des livres à côté desquels on a pu passer, volontairement ou non. Des livres à ranger au rayon des classiques que l’on se doit de lire un jour. « Les choses » de Georges Perec en est un. Et c’est tout récemment, après en avoir discuté avec une de mes collègues de travail, que je me suis dit que j’allais enfin le lire.
Sauf que, voilà, a posteriori je pense que ce n’était peut-être pas le bon moment pour lire ce « classique » de la littérature française, qui a valu à Georges Perec le Prix Renaudot en 1965. Il y a un temps pour tout, et je pense qu’en ce moment j’ai surtout envie en lisant de passer un bon moment, de me faire plaisir, de rentrer dans la vie de personnages dont les aventures me transportent, auxquels je peux m’identifier, ou auxquels je m’attache car ils me sont familiers ou sympathiques. Rien de tout cela ici. Nul doute pourtant que le roman de Georges Perec est effectivement à classer dans la catégorie des livres qu’il faut avoir lu un jour. Mais comme il se produit parfois des décalages spatio-temporels, je pense tout simplement que sa lecture restera pour moi de l’ordre du rendez-vous manqué.
Je ne reviendrai pas en long, en large et en travers sur ce dont parle ce roman : les aspirations de Sylvie et Jérôme, psychosociologues dans la seconde moitié de la
 vingtaine, qui rêvent de posséder tous les attributs de la bourgeoisie de leur époque et accéder à un certain standing social. Le livre a fait l’objet d’analyses, de critiques et commentaires multiples qu’il est aisé de trouver en allant de ci de là sur le web. Je serais donc mal placée pour y aller de ma propre exégèse. Ce que je peux en revanche vous livrer c’est mon modeste ressenti, qui au final tient en quelques lignes seulement : j’ai survolé cette lecture dans un état que je qualifierais de dubitativo-perplexe. Oui, veuillez m’excuser, mais après avoir ingurgité une demi-bouteille de champagne en apéritif et un verre de vodka en digestif, comme c’est le cas à l’instant même ou j’écris ce billet, je ne suis plus tout à fait en possession de mes facultés intellectuelles… Je me suis même demandé si le substantif de « roman » convenait réellement à ce livre ? Le narrateur – Geroges Perec lui-même ? – se place à une distance telle des personnages que l’on en vient à se demander parfois si on a entre les mains un roman ou plutôt un essai sociologique, dont le jeune couple est l’objet central.
Bref, je ne saurais très exactement dire ce que j’en ai réellement pensé au final, et pour une fois me retrouve dans l’incapacité totale de lui attribuer une quelconque évaluation. Rendez-vous donc très rapidement avec, je l’espère, une lecture dont je saurais quoi vous dire plus précisément.

* spéciale dédicace à Herbert Léonard 

Il me restera toutefois de ce livre quelques citations très fortes, qui me font dire finalement que sa lecture n’a pas été totalement vaine :
« Les vrais départs se préparent longtemps à l’avance. Celui-ci fut manqué. Il ressemblait à une fuite. »  
« Leur vie était comme une trop longue habitude, comme un ennui presque serein : une vie sans rien. »
« Ils étaient à bout de course, au terme de cette trajectoire ambiguë qui avait été leur vie pendant six ans, au terme de cette quête indécise qui ne les avait menés nulle part, qui ne leur avait rien appris. »

Shifue.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker – 2012 – De Fallois Poche – 854 pages

img_20160923_184230Résumé : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Mon avis : C’est une fois la caravane passée, les coureurs, la voiture balai, les spectateurs partis que je me réveille en lisant, 4 ans après sa sortie, le best-seller de Joël Dicker. Bien sur tout a été dit/écrit dessus et mon modeste post ne révolutionnera pas la planète littéraire, nous sommes bien d’accord ! Je voulais néanmoins laisser mes impressions pour m’en rappeler quand je serai vieux, quand j’aurai lu tant et tant de romans que l’évocation même du titre ne me rappellera rien, disons dans… ok demain… Une phrase, écrite par Pivot himself, résume bien ce livre : « Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la six centième page (NDRL 854 en poche). Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coups de théâtre ». C’est tout à fait ça, j’ai dévoré ce roman en très peu de temps. C’est redoutable, chaque chapitre donne l’envie irrépressible d’entamer le suivant immédiatement, sans aller se brosser les dents, sans mettre ses bigoudis, sans dormir, sans penser à respirer. Rebondissements à tous les chapitres, voire à toutes les pages. Suspens haletant, hitchcockien même, mettant à mal toute certitude d’avoir enfin réussi à comprendre qui est le méchant. Vérité là où on ne l’attend pas, forcement… C’est du début à la fin, et je ne m’en suis pas lassé une seule seconde. C’est savamment distillé, parfaitement maîtrisé, minutieusement orchestré, chapeau bas ! A propos de l’enchaînement des chapitres et de cette capacité à donner envie d’aller au suivant dans la seconde, je me souviens avoir ressenti cette même maîtrise (cette technique ?) dans les 3 tomes de Millénium. Lors de l’enquête je me suis même surpris à essayer de comprendre qui pourrait bien avoir commis l’irréparable, je pensais bien au colonel Moutarde dans la véranda. Que Nenni, il nous manque toujours un élément qui à coup sur remet tout en cause et qui fait qu’on est content de ne plus avoir un poil sur le caillou pour ne pas avoir à se les arracher…

Les personnages sont bien traités, j’ai été pris d’une empathie pour certains ou d’une réelle aversion pour d’autres. Là aussi les sentiments envers les différents protagonistes peuvent changer au cours de l’histoire, au gré des retournements. On pense les connaitre pendant les 3/4 du roman et on se prend une bonne claque, au moment où on ne s’y attend pas. Ce qui est remarquable c’est qu’il est possible d’avoir une seconde lecture et de se dire « mais oui c’était pourtant là devant mes yeux, la vérité était là depuis le début ». Vraiment la construction est parfaite. J’ai eu l’impression en refermant ce livre, d’avoir mis en place la dernière pièce d’un puzzle, la dernière pièce qui, à elle seule, permet de voir et surtout de comprendre l’image dans son ensemble.

J’ai beaucoup aimé également les conseils prodigués par Quebert à Goldman à chaque début des 31 chapitres. On ne comprend pas forcement au départ puis tout se met en place, lentement. Nous assistons, en parallèle de l’histoire, à la naissance d’un auteur, à son apprentissage et à la construction de son premier livre.

Bien sur vous l’avez bien compris, j’ai adoré ce livre, tant pour son le contenu scénaristique que pour son rythme effréné. J’y suis arrivé tard mais il aurait été dommage de rater ce très bon roman.

Citations : « Chérissez l’amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes il y aura d’autres hommes. Après les livres, il y a d’autres livres. Après la gloire, il y a d’autres gloires. Après l’argent, il y a encore de l’argent. Mais après l’amour, Marcus, après l’amour il n’y a plus que le sel des larmes. »

« Tout ce que je sais c’est que la vie est une succession de choix qu’il faut savoir assumer ensuite. »

« Apprenez à aimer vos échecs, Marcus, car ce sont eux qui vous bâtiront. Ce sont vos échecs qui donneront toute leur saveur à vos victoires. »

La phrase à lire après le générique de fin : un merci spécial à me petite pepette (pour la photo) qui ne savait pas où donner de la tête tant ce thriller est riche en retournements de situation.

Note : 5/5

Doy.

L’ours est un écrivain comme les autres

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L’ours est un écrivain comme les autres – William Kotzwinkle – 10/18 – 1996 – 286 pages

ours2Résumé (quatrième de couverture) : Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain. Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

Mon avis : En refermant ce livre je ne savais pas comment j’allais m’y prendre pour dire ce que j’en pensais, n’ayant pas un avis tranché. L’essentiel de ce roman ne repose pas sur le fait qu’un ursidé parle et aille tenter de vendre à New-York un livre trouvé sous un arbre. Ok ça arrive pas tous les jours mais passé la surprise on s’y fait, c’est comme tout. Certes les répliques et réflexions de Dan Flakes (notre ours) sont toutes loufoques et désopilantes, j’en veux pour preuve quand une femme prête à tout lui fait du charme pour arriver à ses fins : « Avec des poils sur le visage et le dessus des mains, elle pourrait être belle » ou « Les femelles humaines ne savaient tout bonnement pas émoustiller les ours ». Mais que penserions nous au final si nous essayions, nous humains, de nous insérer dans un milieu différent du notre ?

A mon sens la 4ème en dit beaucoup trop sur le contenu du livre ce qui devrait nous mettre la puce à l’oreille car l’histoire est au fond à mettre au second plan. Le but de ce livre est sans doute qu’il faut se concentrer sur la critique de la société de consommation et plus particulièrement sur le milieu de l’édition. La lecture sous jacente nous dépeint sans concession – certes avec un bonne dose de caricature, du moins j’espère – un microcosme où se côtoient des gens tout à fait étranges. Une fois passé l’étonnement de l’ours parlant qui veux devenir « une personne » on se focalise sans doute plus sur ce qui gravite autour de lui : son entourage (son agent, l’éditeur, l’attachée de presse, l’avocat…) et les arcanes du monde littéraire. C’est avec un ton acerbe que ce petit milieu nous est décrit et on est en droit de se demander si, au final, ce n’est pas ce bon gros Dan Flakes qui est le plus normal de tous.

Au final qu’ai-je pensé de ce roman ? Comme je le disais en début je n’ai pas un avis tranché. J’ai aimé le style, le ton cynique, sans toutefois avoir été absolument conquis. Je crois que lire des critiques avant influe sur la lecture à venir (ceci étant c’est de lire des critiques et d’autres blogs qui m’a donné envie d’acheter ce livre…). J’avais lu beaucoup de bonnes choses et partais avec un à priori positif ce qui m’a sans fait en attendre davantage. Néanmoins j’ai quand même passé un très bon moment.

Citations : « Couvrir les murs de livres, c’est le truc le plus intelligent qu’il ait fait. Les livres, c’est bien mieux que les copeaux de bois pour isoler une baraque. »

« J’ai cru comprendre que vous étiez originaire du Maine, dit le vice-président. Nous avons âprement lutté pour y préserver la nature sauvage.
– Je préfère les hôtels, répondit l’ours. Ils lavent vos slips. »

Note : 4/5

Doy.

Le syndrome du petit pois

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domas-poisDomas – La Boîte à bulles – 2016

Comme vous le savez, ici on aime Domas. On l’a d’ailleurs écrit , et , puis encore . Je ne m’inquiétais donc pas trop quant au fait de savoir si j’allais accrocher ou pas lorsque j’ai ouvert les premières planches de ce nouvel album. Et en le lisant, puis en le refermant, j’ai ressenti la même émotion que pour ses albums précédents. Il y a toujours beaucoup de sensibilité dans le trait de crayon de Domas et de la justesse dans les tranches de vie qu’il nous fait partager. Car il s’agit encore une fois d’une BD très personnelle, autobiographique : Domas y évoque en effet la maladie de sa mère – le syndrome de Benson – qui entraîne, comme pour la maladie d’Alzheimer mais à ne pas confondre avec, des pertes de mémoire et donc une perte d’autonomie progressive.
« Le syndrome du petit pois » aborde plus précisément la façon dont Max – le nom du double de Domas – « vit » la maladie de sa mère. De l’abattement, de la révolte, de la colère, de l’incompréhension face à ce qui ne peut être vécu que comme une injustice : pourquoi la maladie s’en prend-elle à ceux que l’on aime, a fortiori lorsqu’il s’agit des êtres qui nous sont le plus chers ? Le lecteur suit donc Max/Domas durant les trois années qui suivent l’annonce du diagnostic de la maladie, sur une pente qui n’est autre qu’une forme de dépression, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur sa vie de couple et de famille. Et puis… Mais je ne vous raconterai pas comment l’histoire se termine, sachez seulement qu’au bout du tunnel il y a toujours de la lumière et qu’il est important de se raccrocher à cette idée, même lorsque cette lumière n’est encore qu’un point minuscule à l’horizon.
Pour parler graphisme en quelques lignes – puisqu’en matière de BD le sujet a quand même son importance – j’avoue ne pas avoir été déstabilisée non plus par ce nouvel album. On retrouve en effet le trait, la couleur (ou plutôt ce mélange de noir/blanc/rouge), déjà présents dans « Litost », « 3 minutes » ou « Souvenirs de moments uniques ». Et toujours de très belles planches qui évoquent tour à tour l’amour, la joie, la peine… : ce qui fait la vie quoi. Bref, du Domas comme on l’aime. Je vous en conseille la lecture, en tout cas…

Citations :
« Plus tard, je réaliserai que l’état de ma mère fait partie, au même titre que la mort, des choses auxquelles je ne dois pas penser. Elles n’ont pas d’issue. »
« C’est si simple en fait. Je ne peux pas changer les choses. Je ne peux pas changer les gens. Mais je peux m’affirmer. Il faut que j’existe pour moi, pour exister pour les autres. Et pas que je m’y aliène, et que je les mélange. »

Note : 5/5

Shifue.      

Le ciel pour mémoire

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Thomas B. Reverdy – Seuil – Collection Points – 2005

Hier soir, juste après avoir refermé le livre de Thomas B. Reverdy en me disant que c’était vachement bien et que, décidément, c’était un auteur qui méritait d’être suivi – notamment par moi, et pas seulement parce qu’il est né en 1974… – j’ai voulu écouter la chanson Coney Island Baby de Lou Reed. Pourquoi, me direz-vous ? Eh bien tout d’abord parce que les premières pages du « Ciel pour mémoire » ont Coney Island pour décor, ancienne île aujourd’hui reliée à la terre à l’extrême sud de New York, qui accueille depuis la fin du XIXème siècle des attractions de type Luna Park et draine ainsi des millions de visiteurs en quête de divertissement. Ensuite parce que je me suis dit que l’ambiance de cette chanson collait parfaitement avec le livre de Thomas B. Reverdy. Un mélange de mélancolie, de spleen, le sentiment de quelque chose qui était et qui n’est plus, ou qui prend fin… Difficile de décrire ce que l’on ressent quand on écoute la musique qui nous touche, nous transporte, et encore plus de le partager. En tout cas, moi, cette chanson m’a toujours évoqué cela. Et j’ai trouvé qu’elle convenait bien à ce livre, comme vous allez le comprendre.
Ce beau roman, donc, parle d’amitié. La vraie, celle qui résiste au temps qui passe, aux épreuves, aux aléas en tous genres de la vie. Les deux protagonistes principaux, Thomas le narrateur et Guillaume le disparu – non, pas la peine de me regarder de travers, je n’évente pas l’intrigue puisque la disparition de Guillaume est évoquée sur la quatrième de couverture ! – sont de vrais amis d’enfance. Ils forment ce que l’on appelle une « bande » avec entre autres Julien et Franck, mais aussi Marine et Kim, leurs compagnes respectives. Ils doivent d’ailleurs tous se retrouver dans un restaurant russe de New York pour fêter leurs retrouvailles – seuls Guillaume et Kim vivant dans la « Grosse Pomme », les autres résidant en France. Mais Guillaume ne viendra jamais les rejoindre.
Pourquoi cette dérobade, cette fuite sans explications, qui laisse Kim éplorée et ses amis groggy (et pas seulement du fait de la consommation excessive de vodka tout au long de cette interminable soirée d’attente) ? Jusqu’à la toute fin du livre le lecteur pense qu’il ne le saura finalement pas, et que c’est bien dommage parce qu’il aurait bien aimé comprendre pourquoi Guillaume en a décidé ainsi. Mais c’est là tout le talent de Thomas B. Reverdy que d’ouvrir la première partie du roman sur cette énigme sans la refermer, pour ensuite évoquer les souvenirs d’enfance de Thomas – dans lesquels Guillaume réapparaît puisqu’il fait partie intégrante de cette enfance – et enfin, dans les toutes dernières pages, achever l’histoire sur l’explication qui laisse le lecteur incroyablement ému (en tout cas, c’est l’effet que ça m’a fait à moi…). Car, au fond, il ne pouvait y avoir d’autre fin que celle là.
Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman dont j’ai appris en le commençant qu’il était en fait le deuxième volet d’une trilogie. Je compte donc lire celui qui le précède et celui qui le suit, ainsi que le dernier roman paru de cet auteur talentueux – « Il était une ville » – dont le personnage central est la ville de Detroit.
Et pour finir : merci à Doy de m’avoir offert ce livre ! Je crois que je tiens là un auteur qui me parle…

Citations :
« Que les secondes qui s’égrainent finissent par faire des années, c’est le seul mystère ; que nous finissions par vieillir, alors qu’à aucun moment précis nous n’avons changé. »
« (…) il me semble que ma vie, à ce moment là, ressemblait assez aux premières pages d’un roman, lorsque l’écrivain n’a encore qu’une idée assez confuse de ce qui s’est passé avant, (…) et qu’il ne sait pas encore exactement, non plus, où s’arrêtera l’histoire (…) »

Note : 5/5

Shifue.

L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

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L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea – Romain Puértolas – Livre de poche – 2013 – 312 pages

voyage-fakir-ikeaRésumé (crédit internet): Un voyage low-cost… dans une armoire Ikea! Une aventure humaine incroyable aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye post-Kadhafiste. Une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d’une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres.
Il était une fois Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer, selon les aptitudes linguales, « j’arrache ta charrue » ou « achète un chat roux »), un hindou de gris vêtu, aux oreilles forées d’anneaux et considérablement moustachu.

Mon avis : C’est en 2013 que ce roman est paru. Pour ma part je l’ai acheté en édition de poche l’été dernier dans la gare d’une ville dans laquelle on ne va pas en tong/bikini j’ai nommé Clermont-Ferrand. Ouais plutôt moufles et moonboots. Pourtant il est venu rejoindre la trop longue liste de romans non ouverts car le beau temps était au rendez-vous en Auvergne, et donc, nous avons visité… Je l’ai ouvert cet été, un an après son achat.
A propos du roman, car c’est bien le but de ce post, s’il vous arrivait les mêmes histoires qu’Ajatashatru Lavash Patel on pourrait dire que vous ne seriez pas verni car, qu’on se le dise, voilà un road/air movie rocambolesque. A priori depuis sa sortie ce roman ne laisse pas indifférent. J’ai tout lu le concernant, des critiques les plus cinglantes aux commentaires dithyrambiques, il y en a pour tout le monde, c’est jour de marché faites votre choix. Pour ma part je dois bien reconnaître que j’ai passé un bon moment. Il ne s’agit pas d’un roman au style irréprochable mais est-ce là le but ? Pas sur ! Au contraire, on passe un bon moment en compagnie de personnages aussi décalés qu’improbables. Les jeux de mots sont parfois capillotractés et c’est même ce qui les rendent drôle, du moins pour moi – genre untel fait un rire espagnol, il rit olé ! Ce jeu de mot est pas dans le livre, collection personnelle, c’est cadeau et ça me fait plaisir. Nous trouvons néanmoins des passages plus profonds sur la condition des migrants et les difficultés qu’ils ont à trouver une terre leur offrant un avenir meilleur. Il n’en reste pas moins que la majorité de ce roman est placée sous le signe d’un fantaisie loufoque qui détend et je pense qu’en ce sens ce premier roman remplit pleinement son rôle.

Citations : « Des fois, il suffit que les gens vous voient d’une certaine manière, qui plus est si l’image est valorisante, pour vous transformer en une belle personne.»

« Pour quelqu’un venant d’un pays occidental de tendance démocratique, monsieur Ikéa avait développé un concept commercial pour le moins insolite : la visite forcée de son magasin.
Ainsi, s’il voulait accéder au libre service situé au rez-de chaussée, le client était obligé de monter au premier étage, emprunter un gigantesque et interminable couloir qui serpentait entre des chambres, des salons et des cuisines témoins tous plus beaux les uns que les autres, passer devant un restaurant alléchant, manger quelques boulettes de viande ou des wraps au saumon, puis redescendre à la section vente pour enfin pouvoir réaliser ses achats. En gros une personne venue pour acheter trois vis et deux boulons repartait quatre heures après avec une cuisine équipée et une bonne indigestion.»

Note 4/5

Doy.

En attendant Bojangles

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En attendant BojanglesOlivier BOURDEAUT – Finitude – 2015 – 159 p.

Non, vous n’avez pas la berlue ! Ceci n’est pas un doublon de l’article posté par Doy il y a quelques jours, contrairement aux apparences. Ceci n’est pas une pipe non plus, mais ça vous l’aurez déduit de vous-même.
Bref, cette fois ci je ferai court. De toute façon, je ne saurai pas trop quoi ajouter qui n’aurait déjà été dit ou écrit au sujet de ce très beau premier roman, au vu de l’accueil unanime de la critique ou du lecteur lambda (et non delta pour les intimes… euh, en fait, je crois qu’il n’y a que moi ou presque qui me comprends, je vais donc arrêter tout de suite ces blagues à deux balles car je sens qu’elles ne vous font pas rigoler du tout).
Je me contenterai donc simplement de vous dire que je l’ai quasiment dévoré – non, je ne suis pas papivore, je l’ai simplement commencé et fini dans la même journée… – et que je me suis très vite laissée emporter par l’originalité du scénario et le côté doux dingue des personnages, tout du moins tels qu’ils évoluent au début. J’ai également beaucoup aimé la narration à double voix : celle, principale, du fils ; mais aussi celle du père, dont on comprend mieux à la toute fin d’où elle vient et pourquoi elle apporte un contrepoint et de la profondeur à l’histoire. C’est une très belle histoire d’amour : émouvante, drôle, décalée ; mais également dramatique car dès les premières pages on se dit qu’il y a quelque chose qui cloche, sans trop savoir comment tout cela va se terminer. Bref, un très bon moment de lecture !
Et maintenant, qu’allez-vous lire ? me demanderez-vous. Eh bien, il vous suffit de jeter un oeil à la rubrique ci-contre : « Que lisent-ils ? »…

Note : 5/5

Shifue.