Les âmes grises

ames grisesPhilippe Claudel – Stock – 2003 – 288 p.

Autre coup de coeur en forme de leçon de rattrapage (j’étais en effet passée à côté de ces deux romans lors de leur parution),  avec Les âmes grises de Philippe Claudel. Dans un style différent mais tout aussi fin, précis et efficace que celui de Laurent Gaudé, ce sont cette fois les souvenirs d’un narrateur qui se dévoile au fil des pages – preuve du sens de la théâtralité parfaitement maîtrisé par l’auteur – qui sont évoqués là, avec pour décor les Ardennes de la Grande Guerre. Mais si la barbarie et la cruauté humaines sont présentes, c’est moins en raison des combats – proches et lointains à la fois – que du meurtre d’une fillette de dix ans, connue de tous les habitants du coin sous le nom de « Belle de jour ». Ce fait divers est l’occasion pour le narrateur de dresser le portrait, bien des années après, de tous les protagonistes de l’affaire, dont on se demande bien s’ils peuvent avoir été mêlés de près ou de loin à cet assassinat. Car il n’est dans cet endroit que des « âmes grises », à savoir des gens ni totalement bons ni totalement mauvais, pétris de secrets, de failles, de doutes et de regrets. C’est également pour lui l’occasion de passer à d’autres aveux, plus personnels et intimes, car il se sait à la fin de sa vie et veut par là soulager sa conscience.
Très beau livre là encore que ce roman, également primé à sa sortie et à juste titre. Le talent de Philippe Claudel est ici de faire d’une histoire qui aurait pu être une intrigue de plus, divertissante mais sans attrait particulier, un récit soigné, rehaussé par une écriture fluide, qui tient en haleine et laisse, une fois le livre refermé, un sentiment de profondeur et de grande justesse.            

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Blacksad

Tomes 1 à 4 – J Diaz Canales, J Guarnido – 2000 à 2010 – Dargaud – 46 & 3 x 54 planches


John Blacksad est un détective privé qui exerce ses talents d’enquêteur à New-York dans les années 50. Les personnages représentés dans cette série sont des animaux anthropomorphes dont l’espèce reflète le caractère. Le tome 1 s’ouvre sur une scène de crime, une actrice célèbre, Natalia Wilford, est retrouvée morte dans son lit. Contre l’avis de la police, John décide de rechercher l’assassin de la jeune femme pour venger celle qui avait été sa cliente mais aussi son seul véritable amour. Il croisera des gens pas vraiment tendres, truands mafieux, jusqu’à ce qu’il trouve enfin l’ordure qui a fait ça à Natalia.
Ce que je vous ai fait ici c’est le pitch du tome 1, je vous laisse découvrir les histoires des autres tomes, c’est pas vraiment utile de trop en dire. Ce qui est plaisant pour commencer c’est que chaque tome est un one-shot, pas besoin d’attendre plusieurs mois ou années pour enfin connaitre la suite qui souvent débouche sur de nouvelles questions. Là on referme et on sait qui était le méchant
(je dis était car souvent il plus mort que vivant) et pourquoi il a joué au vilain pas beau. La réputation de cette bd est-elle justifiée ou pas ? Pour info elle arrive n°1 au classement des indispensables de la bd, devant Astérix et la Quête de l’oiseau du temps de bdgest, c’est pas rien, d’autant plus qu’il y a des pointures derrière. Bon ok tout le monde trouve que c’est bien mais suis-je tout le monde ? Tu vas être déçu public car oui je suis tout le monde, même pas un peu en marge en disant que c’est tout pourri comme bd, non non c’est même de la balle. Ce qui est saisissant dès le début c’est ce dessin incroyable. Ces animaux au corps d’hommes ou ces hommes à la tête d’animaux sont impressionnants de réalisme. Ce qui est séduisant c’est que les auteurs ont su trouver des espèces animalières qui correspondent magnifiquement aux personnages incarnés. C’est B-L-U-F-F-A-N-T ! Le dessinateur est pas un petit nouveau, en effet Juanjo Guardino a longuement trainé ses guêtres dans les studios d’animation de la maison Disney, ce qui lui donné une capacité à mettre en mouvement des images fixes. Enfin les couleurs à l’aquarelle sont en totale adéquation avec ce type d’histoire et servent bien ces intrigues policières. Le scénario est assez classique, les intrigues assez simples ce qui permet une lecture aisée et plaisante. L’ambiance du polar est habilement rendue par cette voix off qu’on retrouve souvent au cinéma, le héros commentant ses faits et gestes ce qui permet une bonne compréhension de l’enquête. Pour finir, je dirais que les 4 tomes sont vraiment très bons, très très bons même et il me tarde qu’un 5ème vienne s’ajouter à la liste. Cependant si je devais faire un choix je dirais que les 2 premiers sortent du lot : le 1er pour la surprise et le second pour son histoire. Si vous ne connaissez pas Blacksad, courez, foncez, volez il n’attend que vous.

Note : 5/5

Doy.

L’anatomiste

N Tackian, L Godart – 2005 – Soleil – 78 planches

Monsieur Artless est un jeune écrivain qui souhaite écrire un article sur les établissements psychiatriques et leurs patients. Il visite la clinique psychiatrique de Brensford en présence du directeur des lieux, le docteur Coffin. Alors qu’ils passent dans le quartier de haute sécurité, le docteur conseille au jeune écrivain de ne pas venir seul ici et surtout de ne pas s’intéresser à l’un des patients, il en va de son confort mental. Bien entendu le jeune homme fera tout le contraire de ce qu’on lui a conseillé et entrera en contact avec Mc Grave, patient isolé, schizophrène, qui va lui raconter son histoire. Tout débute 30 ans plus tôt, nous retrouvons Mc Grave et son acolyte Laird en train de déterrer des corps pour les livrer à un anatomiste peu scrupuleux. Contre quelques billets les deux compères – à la solde du savant fou – passent rapidement de l’exhumation à l’assassinat pour ramener des corps « frais ». Ainsi le scientifique peut compléter sa collection d’yeux… Mais les meurtres se font de plus en plus nombreux et le peuple gronde.
Quand on ouvre l’anatomiste ce qui interpelle immédiatement c’est le dessin de Loïc Godart. Nous ne sommes pas en présence ici d’un trait conventionnel, ni même de couleurs convenues. Le dessin apporte beaucoup à cette ambiance pesante, les visages sont perturbés, les décors sordides, ça sent la misère et les ruelles sombres sont propices aux crimes les plus crapuleux. Le scénario est vraiment net et précis et je pense qu’une seconde lecture apporterait des précisions importantes, non pas que l’histoire soit difficile à appréhender, mais on pourrait y découvrir des détails intéressants. Je dois dire que j’étais plutôt sceptique au début, je m’imaginais déjà en train de mettre une note sanction pour exprimer mon scepticisme. Mais voyez-vous il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et comme je suis, enfin bon, j’ai changé d’avis quoi 🙂 J’ai trouvé cette bd très cohérente au final, bien écrite et bien dessinée. Je définirais cette histoire comme étant un mélange de Jack l’éventreur et de Shutter Island, rien de bien rigolo en somme. Pourtant  le docteur Coffin avait prévenu le jeune
Artless : Cette cellule ? Hum… Mieux vaut ne plus s’intéresser à ce patient, monsieur Artless… Il en va de votre confort mental, croyez moi.

Note : 4/5

Doy.

Commissaire Soubeyran

Tomes 1 & 2 – F Corteggiani, Nawa – 1999 & 2002 – Glénat – 2 x 46 planches


Carpentras, petite ville du Vaucluse assoupie dans la plaine du Comtat, au pied du Mont Ventoux, un banal jour de la fin du mois de mai… Le commissaire Soubeyran est un vieux flic qui ne voit la vie qu’à travers les plaisirs de la bouche, cochonnailles et vin sont ses passions. Bougon de nature, l’homme déteste qu’on le dérange pendant qu’il se restaure, c’est cependant de cette façon que le jeune inspecteur Hirigoyen vient lui annoncer qu’on a encore retrouvé une jeune femme éventrée. Cinq, c’est le nombre de cadavres retrouvés, mais Soubeyran semble sûr de lui et mène son enquête tranquillement, entre jeux de mots plus ou moins douteux, regard critique sur la municipalité et bonne chère…
C’est en passant à la médiathèque que j’ai remarqué cette bd de la même collection (Bulle noire) que Gil St André. De plus les faits se déroulent dans la région que j’habite, à Carpentras, ville que je connais un peu. Le pitch me semble intéressant et le héros (ou anti-héros) m’a l’air plutôt sympathique. On est loin du jeune, beau et riche Gil sus-nommé. Ce que j’apprécie pour commencer c’est qu’un tome correspond à une enquête, ça change de toutes ces bds récentes qui une fois refermées nous ont amené plus de questions que de réponses. J’aime bien le personnage, le genre de flic qui se fout de ce qu’on pense de lui, qui fait sa vie comme il l’entend. Cependant ces point positifs ne font pas tout. J’ai trouvé le scénario plus que léger, les raccourcis sont nombreux et l’histoire est fouillis, on penserait à une série tv de série B. Le dessin lui aussi est moyen, la maitrise des personnages n’est pas au rendez-vous, même pour le commissaire. La mise en couleur souffre quant à elle des mêmes maux, c’est moyen, ça semble fait rapidement, sans précision. De plus je me suis vu sursauter après avoir lu qu’un commissaire de la trempe de Soubeyran confondait un revolver et un pistolet, voilà un détail qui me parait assez révélateur de cette série. Quand on fait des bds policières on se doit d’en connaitre un minimum sur les aspects techniques de la profession. D’ailleurs je trouve bizarre qu’à la relecture ce genre de détail ait pu passer, surtout pour une collection bulle noire qui se veut axée sur les enquêtes, crimes et compagnie…

Note : 2/5

Doy.

Millenium – La reine dans le palais des courants d’air

Tome 3 – Stieg Larsson – 2007 – Actes Sud – 711 pages

Nous avons quitté Lisbeth très mal en point, on pouvait même se demander à juste titre si elle n’était pas morte. Que nenni, elle vit pour notre plus grand plaisir. Lisbeth est en vie mais est pour le moins dans une mauvaise posture. En effet après être sorti de son trou et  avoir fracassé le crâne de son vieux papa avec une hache, Mikael la retrouve et la sauve d’une mort certaine. Elle se retrouve dans une chambre d’hôpital après avoir subi une grosse opération chirurgicale pour lui ôter la balle de la tête. Bien que Lisbeth ait été innocentée pour les 3 meurtres dont on l’accusait, elle se retrouve incarcérée pour d’autres chefs d’inculpation. La ‘section’ qui, dans l’ombre, tire les ficelles depuis bon nombre d’années veut encore étouffer l’affaire en faisant de Lisbeth la folle qu’on voudrait qu’elle soit. Mais Mikael et ses amis veillent et contre-attaquent.
Que vais-je donc dire de nouveau sur ce troisième tome ? Tout d’abord je n’ai pas attendu plusieurs semaines pour passer du 2 au 3, j’ai couru l’acheter pour savoir ce qui se passait ce qui démontre que l’auteur a parfaitement réussi son coup. On dévore et on veut connaitre la suite. J’ai d’ailleurs lu les 700 pages très rapidement, les chapitres défilaient et moi je ne voulais pas refermer ce livre. A propos du contenu, d’abord, je dois être plus qu’habitué aux marques qu’on nous propose car cette fois ça ne m’a plus choqué du tout. Number one au hit parade, Apple reste indétrônable, c’est pas moi dirait que c’est mal, ils travaillent sur du bon matos ces suédois. Ensuite, les fautes d’orthographe, ben y’en a ! Et encore une fois si moi je les vois c’est qu’il doit y en avoir d’autres. Enfin l’intrigue est rondement menée, ça part dans tous les sens. Nous (Shifue et votre serviteur) avons d’ailleurs vu les séries télévisées de 3 heures par tome. Il n’était tout simplement pas possible en 3 heures de détailler toutes les situations et tous les personnages, certaines coupes ont été faites, et pas qu’un peu je dirais. Bon bref on parle du livre ou de la série ici ? Merci de rectifier le tir… Je ne peux cependant m’empêcher de penser que Mikael il en a dans le falzar, il explose à lui tout seul (ou presque) un service ultra secret composé de gens encore plus secrets. Alors de deux choses l’une, soit Mikael est vraiment le nouveau 007 (pourtant il roule pas en Aston Martin DB9 mais en pauvre Toyota Prius), soit les services secrets suédois sont quand même des buses. Ceci étant, les services secrets français n’ont rien à leur envier, j’en veux pour preuve certaines affaires classées qui commençaient par Rainbow et qui finissaient par Warrior et dont leurs agents ont lâchement été livrés par le gouvernement. Je m’égare encore, je suis intenable ce soir. Le livre bon sang… Alors ce livre ou plutôt cette trilogie (paske je peux dire ça puisque j’ai tout lu, suis fier comme si j’avais un bar-tabac…) est vraiment bien, j’ai passé de forts bons moments en présence de la petite mais qui faut pas faire chier Lisbeth et Super Blomkvist. D’ailleurs Lisbeth si t’as piraté mon mac, fais moi un p’tit coucou quand tu passes ça serait sympa…

Note : 4/5

Doy.

Millénium – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

Tome 2 – Stieg Larsson – 2006 – Actes Sud – 652 pages

Alors que Mikael Blomkvist a été réhabilité suite à l’affaire retentissante le liant à Wennestrom, Lisbeth a quant à elle décidé de prendre quelques vacances en parcourant le monde. On ne peut plus dire qu’elle ait des soucis d’argent, elle peut voir venir avec ses 3 milliards de couronnes (environ 337 millions d’euros, excusez du peu ma bonne dame) habilement subtilisés. Le journal Millénium s’apprête à sortir un numéro spécial qui fera grand bruit. En effet les dirigeants de la rédaction travaillent avec un certain Dag Svensson qui a longuement enquêté sur le commerce du sexe et de tout ce qui gravite autour. Un livre sortira également au même moment que le journal, beaucoup de têtes vont tomber. Malheureusement Dag et sa compagne Mia (qui s’apprêtait à rendre sa thèse sur ce même sujet) sont assassinés dans leur appartement. C’est Mikael qui découvre les corps sans vie et qui retrouve l’arme du crime qui étrangement porte les empreintes de Lisbeth.
Dans quoi s’est encore fourrée la petite Lisbeth ? Y’a des gens des fois qui attirent à eux les emmerdes et on peux affirmer haut et fort sans se tromper que la demoiselle Salander en fait partie. Il n’est pas utile ici d’en dire plus car si vous n’avez pas lu ce tome 2 il faudrait quand même garder un fond d’intrigue. Oui je devais être le seul en France à ne pas l’avoir lu, mais bon sait-on jamais, peut-être une personne qui serait partie en mer ou dans la jungle pendant 4 ans lira ce post pour en savoir un peu plus. En fait j’ai eu un peu de mal à m’y mettre, je trainais des pieds, je lisais beaucoup de bds. Ce n’est pas que ce n’était pas bien mais je n’arrivais pas à me replonger dedans. En début de semaine j’ai eu comme un déclic et je n’ai plus réussi à lâcher ce roman. Je suis totalement rentré dans l’histoire, les chapitres se terminaient et je me sentais attiré vers le suivant. C’est vraiment bien écrit, non pas que ce soit de la grande littérature mais de façon efficace dirais-je. J’ai été moins dérangé qu’au premier volet par la présence des marques, y’en avait-il moins ou avais-je pris l’habitude, peut-être un peu des deux. Tout comme le premier opus il y a des fautes d’orthographe. Oui oui oui moi j’en fait, et pas qu’une, mais j’écris pas de bouquins ni n’en traduis d’ailleurs. Je trouve quand même que ça fait un peu tâche pour une maison d’édition comme Actes Sud. Niveau scénario enfin on peut dire que Larsson sait (savait…) ménager le suspens, on tourne les pages en se demandant ce qui va bien pouvoir se passer et on en redemande. Bref je ne vais pas demander mon reste et vais rapidement embrayer sur le tome 3 car j’ai bien accroché et puis elle est attachante la ptite dame tatouée.

Note : 4/5

Doy.

Le cadavre et le sofa

Tony Sandoval – 2007 – Paquet – 94 planches

Un jeune garçon a disparu, Christian, et toute la ville semble en pause. Plus un enfant dans les rues, sauf Polo, enfant plutôt solitaire qui profite des rues désertes pour se promener sans se faire ennuyer par des gamins méchants. Il fait la rencontre de Sophie, jeune fille bizarre qui aime les loups garous. Elle aime bien aussi ce Polo, drôle d’animal comme elle le définit. Ensemble ils vont découvrir le corps sans vie de Christian, cadavre qui au fil des jours se décompose de plus en plus. Les deux enfants ne préviendront pas les autorités mais  trouveront un sofa qu’il viendront installer à coté de Christian, pour lui tenir compagnie.
Étrange, bizarre, un peu space, voilà l’univers de Sandoval. On sait en feuilletant qu’on n’est pas en présence d’un album classique et pour cause, on remarque rapidement que l’histoire et les personnages qui la composent sont dans leur monde. Personnellement j’adore le travail graphique de ce dessinateur, on reconnait immédiatement sa touche qui ne laisse pas de place au doute. Déjà si on n’aime pas, il vaut mieux passer son chemin. J’aime l’agencement des pages, irrégulières, qui ne se découpent jamais de la même façon. Le trait aussi évolue durant l’histoire, toutes les planches ne sont pas travaillées de la même manière. Ça c’était pour les traits. Question scénar maintenant j’aurais plus à dire. J’ai été interloqué à plus d’un titre pour tout dire. En fait on commence cette histoire en y découvrant des enfants, on sait que l’un d’eux a disparu, mais au début tout semble ‘normal’. On s’attend à des jeux d’enfants en vacances, mais Polo et Sophie semblent plus disposés à découvrir les plaisirs de la chair, ce qui étonne pour le moins tant on a l’impression d’être en présence d’enfants et pas d’adolescents. Voilà donc un aspect un peu dérangeant à mon sens (j’en veux pour preuve la séance photo qui se déroule dans un entrepôt désaffecté où Sophie se donne nue à l’objectif). Si à ça on rajoute ce cadavre qui se décompose jour après jour tout ça sur un fond de loups garous on obtient un album très particulier. Certains y trouveront certainement leur compte, j’ai d’ailleurs lu des chroniques et des avis dithyrambiques, moi j’avoue que j’ai du mal à accrocher complètement. C’est donc sur un sentiment mitigé que j’ai refermé ce récit.

Note : 3/5

Doy.