Poésie urbaine

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Souvenir de moments uniques

Domas – La Boîte à bulles – 2011

J’ai déjà eu l’occasion de parler de Domas sur ce blog à propos de ‘Litost ‘ et ‘3 minutes‘. Vous connaissez donc déjà mon sentiment à l’égard de ce jeune auteur doué et tellement humble, que j’ai eu la chance de rencontrer par deux fois. L’occasion m’est aujourd’hui donnée une nouvelle fois de dire tout le bien que je pense de lui et de son trait de crayon si particulier et désormais si familier, car je viens d’achever la lecture de ‘Souvenir de moments uniques’.
Chaque album de Domas est, justement, un de ces ‘moments uniques’, qu’il permet de saisir d’un coup de crayon si habile et percutant que l’on reste la plupart du temps sans voix, la gorge nouée. La démarche de Domas est généreuse, sincère, et cela se sent immédiatement dès les premières planches. Celles-ci sont comme un concentré de poésie, qui vont droit au coeur. Ce nouvel album ne se résume pas. Ce sont des instantanés de vie qui marquent à jamais, qui restent en mémoire longtemps après leur survenue. C’est pourquoi je n’en dirai pas plus, en vous incitant vivement à prendre le temps de feuilleter cet album et à méditer sur ce qui fait le sel de la vie et du bonheur de tous les jours (ce conseil s’applique aussi à moi-même !).
Merci de tout coeur à Del pour ce très beau cadeau !

Note : 5/5

Shifue.

Marée Basse

J.P. Gibrat, D.Pecqueur – 1996 – Dargaud – 68 planches

Une jeune femme, seule sur son trimaran, se fait percuter par un énorme bateau. A son bord un couple de fous la récupère avant qu’elle ne se noie car elle possède un objet qui leur permettra de réaliser leur plan machiavélique. Ainsi le couple, dont l’homme est un éminent savant (fou), va pouvoir mettre en route sa machine infernale, Baby, qui est capable de déclencher un raz de marée un milliard de fois plus puissant qu’un tsunami. Pourquoi vouloir faire une telle chose ? Tout simplement pour garantir la survie de la planète qui, débarrassée de l’être humain, pourra à nouveau être au calme… C’est après que le bouton rouge a été actionné que nous nous retrouvons à Venise, dans un paysage dévasté. Là se trouve une sirène, un homme qui se transforme en peluche, un enfant et la faucheuse…
Particulier, c’est le mot qui me vient en pensant à cette bd. C’est un scénario qui sort plutôt de l’ordinaire, nous sommes ici dans un monde onirique qui fait appel à une bonne dose de poésie. J’avoue que je n’étais pas forcement prêt, je ne m’attendais pas à ça. Je pense qu’une fois le type d’histoire appréhendé on comprend mieux le fond, mais au début on est un peu déstabilisé il faut bien l’avouer. Il y a aussi un petit côté « coquin », on sent que les auteurs ne sont pas contre la vue d’une femme dans son plus simple appareil. J’ai été attiré par le trait de Gibrat qui est absolument irréprochable. C’est beau, net, précis. J’ai d’ailleurs encore quelques bds de lui que je n’ai pas encore ouvertes, notamment « Le sursis », il faudra remédier à ça rapidement.

Note : 3/5

Doy.

3 minutes

Domas – La boîte à bulles – 2009 – 116 planches

Revoilà Max, qui traîne sa solitude et son spleen dans les rues de sa ville. Après une nouvelle déception amoureuse (voir Litost), il prend une décision : il sera célibataire… à vie ! Ce ne sont pas ses potes qui pourraient le contredire, car ils semblent connaître les mêmes difficultés avec les filles. Mais bien évidemment, le sort va en décider autrement. Que dis-je, le sort ? Le hasard, une  conjonction de circonstances. Mais aussi l’envie qu’a Max, soudain, de prendre sa vie en mains, de devenir acteur de son propre bonheur. L’heureuse élue s’appelle Coquillage. Elle aussi n’a pas l’air très sûre d’elle en amour, parce qu’elle a connu une (des) désillusion(s ?). Et, au fait, pourquoi ‘3 minutes’ ? Parce que Max, en voulant noter une idée de dessin sur son calepin alors qu’il marche dans la rue, prend trois minutes pour faire un croquis. Et c’est grâce à ce laps de temps là où il ralentit l’allure qu’il va croiser la route de Coquillage, et que les événements vont prendre une autre tournure…
Une nouvelle fois, j’ai été séduite par le dessin de Domas, tout en poésie, en finesse, en ellipse. Son trait a vraiment quelque chose de spécial, de magique, rien qu’à lui. Cet album est également plus gai que le précédent, Litost, et cela fait chaud au coeur de voir Max aller mieux, même s’il ne s’est pas encore débarrassé de toutes ses angoisses. On sent qu’il est sur la bonne voie, et rien que pour cela, ça fait plaisir. Enfin, comme dans Litost, la trentenaire que je suis trouve un écho dans certaines scènes, particulièrement bien restituées : les élections présidentielles de 2007 qui ont vu la victoire de notre omni-président et cette sensation de gueule de bois à l’apparition de son image sur les écrans de TV, la société de consommation qui pénètre dans tous les foyers par le biais de la télévision (encore elle !)… Bref, définitivement, je suis fan du travail de Domas, bravo à lui !

Note : 5/5

Shifue.

A mon tour de dire ce que j’ai pensé de cette excellente bd. Quoi ma réponse est dans ma première phrase ? Soit mais je ne peux pas dire autre chose que de définir d’excellent le travail de Domas. Je viens d’ailleurs de le rencontrer il y a peu, il nous (Shifounette et votre serviteur) a fait 2 jolies dédicaces pleines de poésie. Cet auteur est vraiment sympathique et ça fait plaisir d’échanger sur le 9ème art. Pour revenir à ‘3 minutes’ j’aime également le message que la télé nous donne à chaque fois qu’on passe devant : consomme !! Et si on virait nos télés en fait, pas con c’t’idée ? Allez je vous laisse vous jeter sur cet album et je ne vous embête pas plus longtemps. Dernière info si toutefois vous êtiez encore là, Domas travaille à une suite, chouette. 🙂

Note : 5/5

Doy.

Litost

Domas – La boite à bulles – 2008 – 96 planches

D’après la quatrième de couverture et selon Milan Kundera, la litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte. Effectivement le protagoniste de cette bd est un jeune marseillais qui erre dans les rues de sa ville en quête de l’amour mais aussi de l’inspiration. Il se laisse emporter par le spleen de la trentaine, beaucoup de questions et de doutes s’emparent de son esprit…
Pour commencer Litost n’est pas une bd comme les autres, comme celles qu’on a l’habitude de lire, avec des bulles et un scénario classique. Non il semblerait que ce livre soit simplement le reflet des états d’âme de l’auteur, c’est en tout cas mon ressenti. Et ça donne quoi cette introspection ? Eh bien moi j’ai accroché, probablement aidé par ce que j’ai lu auparavant sur le blog de l’auteur. Je me suis laissé embarquer par une certaine poésie qui se dégage de ces planches simples, épurées. Les traits distillés par Domas laissent l’esprit s’approprier les planches, faire le reste, imaginer. Le noir et blanc rehaussé parfois par une touche de rouge sont bien vus. Je pense qu’on peut avoir plusieurs lectures de cette bd, en fonction de son propre état d’âme du moment, tantôt optimiste tantôt moins… Ce que j’aime également dans cette bd c’est le rapport que semble avoir l’auteur avec les arbres, très présents tout au long de la lecture (même sur son blog d’ailleurs). Pour finir j’ai bien aimé cette réplique, qui parle au trentenaire qui vous parle : ‘parait qu’c’est pasqu’on est né après la crise de 1973… on est une génération qui a grandi dans la morosité, bon économique … mais bon, quand même … c’est la société qui m’a rendu triste.

Note : 5/5

Doy

Que dire de plus me concernant, sinon que j’ai vraiment beaucoup aimé cet album ? Tout simplement, que j’ai été touchée par la poésie qui affleure à chaque planche dans un trait de crayon qui semble évident de premier abord, mais qui contient en même temps une force émotionnelle intense. On retrouve cette poésie dans une économie de mots, tous porteurs de sens, qui ne doivent rien au hasard. Sur ce point, il convient de faire remarquer que l’écriture de Domas, et le jeu sur la graphie, servent particulièrement bien le propos. L’utilisation d’une palette restreinte de couleurs –  noir-blanc-rouge – fonctionne également parfaitement en soulignant l’émotion là où elle se trouve. Tout comme Doy, certaines phrases m’ont particulièrement interpelée, par exemple celles-ci que je trouve magnifiques : ‘Quand je vais mal, j’aimerais que tout soit beau. Quand je vais bien, j’aimerais que tout soit juste‘. Ou bien encore (et je terminerai là dessus en vous conseillant de vous laisser emporter par la beauté de cet album) : ‘Il n’y a pas le choix, il faut vivre pour ressentir, ressentir que l’on vit, puis en mourir de plaisir, ou tout recommencer‘. Après avoir lu celà, le lecteur peut enfin refermer l’album le coeur un peu plus léger que lorsqu’il l’avait entamé, car il entrevoit là-bas, au loin, un peu de la lumière du soleil et donc une lueur d’espoir…

Note : 5/5

Shifue.

Célestin Gobe-la-Lune

Tome 1 & 2 – W. Lupano, Y.Corboz – 2007/08 – Delcourt – 102 planches

Un nouveau né est abandonné par sa mère, misérable, incapable de le nourrir par manque de moyens. Après avoir été mis sur un radeau de fortune, ce frêle enfant sera recueilli pour quelques minutes par un jeune couple fortuné. Ils l’abandonneront néanmoins en le posant dans les bras d’une statue nommée Célestin. Ça sera son nom. Après plusieurs années, nous retrouvons ce jeune homme qui pour échapper à sa triste vie ne voit son salut qu’en cherchant la main d’une femme de la noblesse. Il pourra selon lui retrouver enfin son rang puisque qu’il a été trouvé enroulé dans une étoffe de grande qualité.
Au niveau de la critique ça sera très simple car j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé cette bd très fraiche, distrayante, drôle. Célestin est un anti-héros attachant qui nous amuse à chacune des pages. J’ai trouvé les dessins très beaux avec quand même un progrès au deuxième tome qui visiblement est du à la technique employée par Corboz. Certaines planches sont magnifiques. Le scénario sous la plume de Lupano (Alim le tanneur) est bien réalisé, on s’amuse vraiment des répliques et des jeux de mots bien trouvés. Vraiment distrayants je ne manquerai pas de relire ces 2 albums.
J’ai bien aimé cette note de Lupano à la fin du tome 1 : « cet album est dédié aux azimutés, aux excentriques, zozos, zigotos, zouaves en tout genre, aux agités du cœur et du bocal, bref, à tous ceux qui ont le bon goût de n’être pas comme tout le monde. Ce sont eux qui font briller la lune. »

Note : 5/5

Doy.

La délicatesse

David Foenkinos – 2009 – Gallimard – 200 pages

C’est l’histoire d’une jeune femme qui va se laisser charmer par un jeune homme, dans la rue. Ils vont rapidement devenir inséparables et s’aimer d’un amour sincère, vrai. Suit la vie commune, le mariage, tout se passe parfaitement entre eux deux jusqu’au jour où un événement tragique va venir tout chambouler.
Un très joli texte dans un style différent de ce qu’on connait habituellement. Beaucoup de poésie dans ces pages qui se lisent avec plaisir.

Note 4/5

Doy.